
82,6 % des installations électriques de plus de quinze ans présentent au moins une anomalie. Le chiffre vient du baromètre 2025 de l’Observatoire national de la sécurité électrique, établi sur environ 400 000 diagnostics obligatoires de logements construits avant 2009. Autrement dit : le marché de la mise en sécurité existe déjà, il est documenté, et il est adossé à une obligation légale de diagnostic qui se déclenche à chaque vente et à chaque location. La difficulté d’une entreprise d’électricité n’est donc pas de trouver des travaux : c’est que personne ne cherche « mise aux normes » avant qu’un diagnostiqueur ne le lui ait dit — et qu’au même moment, la borne de recharge amène une clientèle neuve, qui cherche, elle, très activement.
L’essentiel en cinq questions
Combien d’entreprises se partagent ce marché ? 79 048 établissements d’électricité du bâtiment, soit 14 % de tous les établissements du Bâtiment. 67 % n’emploient aucun salarié, et 84 % de ceux qui en emploient en ont moins de dix. Votre concurrent type n’est pas une société d’installation structurée : c’est un artisan seul, qui vise les mêmes chantiers de particuliers que vous.
Le marché de la mise aux normes est-il réel ou théorique ? Réel et mesuré : 82,6 % des installations de plus de quinze ans portent au moins une anomalie, la prise de terre défectueuse arrivant en tête avec 64 % des installations contrôlées. Il est aussi déclenché par la loi : le diagnostic est obligatoire en vente comme en location dès que l’installation a quinze ans.
La borne de recharge, c’est déjà un marché ou une promesse ? Un marché. La France comptait 200 926 points de recharge ouverts au public au 31 août 2026, en hausse de 13 % sur un an, et 44 331 points en résidentiel collectif au deuxième trimestre 2026, en hausse de 38 %. Les voitures électriques ont représenté 38 % des immatriculations de voitures particulières en août 2026.
Faut-il choisir entre le tertiaire et le particulier ? La structure du métier montre deux mondes qui coexistent : 44 % des salariés de la branche travaillent dans un établissement de moins de dix salariés, 9 % dans un établissement de 200 salariés et plus. Ce ne sont pas les mêmes chantiers, pas les mêmes délais de paiement, et surtout pas les mêmes canaux de prospection.
Le marché se contracte-t-il ? Selon les segments. CONSUEL a émis 873 916 attestations de conformité en 2025, en recul de 11,7 % — mais la baisse vient presque entièrement du photovoltaïque, alors que les attestations d’installations de production avec stockage ont progressé de 123,2 %. Le logement, lui, ne recule que de 3,8 %.
Le hub BTP et artisanat expose ce qui vaut pour tous les métiers du bâtiment : la recherche locale, les avis, la fiche d’établissement. Cette page descend d’un cran et traite ce que le hub ne dit pas — l’économie particulière d’une entreprise d’électricité, qui vend la même année un tableau à remettre en sécurité, une borne de recharge à un couple qui vient de commander sa voiture, et trois semaines de second œuvre pour une entreprise générale. Trois clientèles, trois vocabulaires, trois façons d’arriver jusqu’à vous.
Le métier en chiffres : 79 048 établissements, dont 67 % sans aucun salarié
Le nombre d’électriciens du bâtiment est passé de 73 908 à 87 417 salariés entre 2017 et 2021, soit +18 % en quatre ans, dans une profession où deux établissements sur trois n’emploient personne. Cette double réalité — un métier qui se remplit, et une atomisation extrême — est ce qui détermine la façon dont un électricien peut se rendre visible. Le tableau ci-dessous rassemble la structure de la profession, avec son périmètre exact.
| L’électricité du bâtiment en France | Valeur | Période et périmètre |
|---|---|---|
| Établissements de l’électricité du bâtiment | 79 048, soit 14 % des établissements du Bâtiment | INSEE, au 31/12/2021 |
| Établissements sans aucun salarié | 52 688 — 67 % | INSEE, au 31/12/2021 |
| Établissements de 1 à moins de 10 salariés | 22 119 — 28 % | INSEE, au 31/12/2021 |
| Établissements de 10 à moins de 20 salariés | 2 346 — 3 % | INSEE, au 31/12/2021 |
| Établissements de 20 à moins de 50 salariés | 1 283 | INSEE, au 31/12/2021 |
| Établissements de 50 salariés et plus | 612, dont 46 de 200 salariés et plus | INSEE, au 31/12/2021 |
| Part des employeurs ayant moins de 10 salariés | 84 % | Sur les 26 360 établissements employeurs |
| Salariés par établissement employeur | 7 en moyenne | 2021 |
| Salariés de l’installation électrique | 185 710 (+4 % sur un an) | URSSAF, 2021 (179 428 en 2020) |
| Salariés exerçant le métier d’électricien du bâtiment | 87 417 — +18 % depuis 2017 | UCF-CIBTP, 2021 (73 908 en 2017) |
| Où travaillent ces salariés | Établissements de 1 à 9 salariés 44 % · 10 à 19 : 18 % · 20 à 49 : 17 % · 50 à 199 : 12 % · 200 et plus : 9 % | 2023 |
| Contrats d’apprentissage en cours | 13 561, soit 14 % des contrats du Bâtiment | Constructys, au 31/12/2023 |
| dont exécutés en entreprise de moins de 10 salariés | 6 apprentis sur 10 | Constructys, 2023 |
| Stagiaires de formation continue | 39 370 (+8 % sur un an) | Constructys, 2023 |
| Part des femmes parmi les stagiaires | 6 %, contre 9 % dans l’ensemble du bâtiment | Constructys, 2023 |
| Trois premières régions | Île-de-France 13 498 · Auvergne-Rhône-Alpes 11 037 · PACA 9 466 | Établissements, 2021 |
Source : Observatoire des métiers du BTP, « Fiche emploi formation — Bâtiment : Électricité du bâtiment », édition de mars 2025 — metiers-btp.fr, consultée le 14 septembre 2026. Sources primaires déclarées : INSEE pour les établissements, URSSAF et UCF-CIBTP pour les salariés, Constructys pour l’apprentissage et la formation. Périmètre : le regroupement « électricité du bâtiment » ; l’électricité et les réseaux des travaux publics en sont exclus. Le décompte par métier ne porte que sur les salariés affiliés à la caisse des congés payés du BTP : les artisans installés à leur compte n’y figurent pas. Les 26 360 établissements employeurs et les 612 établissements de 50 salariés et plus sont des sommes que nous posons à partir des tranches publiées.
Trois lectures en sortent, et elles commandent la façon de se rendre visible.
- Le métier est coupé en deux, et la coupure est nette. Neuf pour cent des salariés travaillent dans les 46 établissements de 200 salariés et plus ; 44 % dans les établissements de moins de dix. Ce ne sont pas deux tailles d’une même activité, ce sont deux marchés — l’un se gagne en répondant à des consultations, l’autre en étant trouvé sur un téléphone.
- Le concurrent type est un homme seul. Avec 67 % d’établissements sans salarié, la rivalité ne se joue pas sur les moyens mais sur la disponibilité : qui décroche pendant qu’il est sur une échelle, qui rappelle le soir, qui envoie le devis avant que le prospect n’en demande un troisième.
- La relève arrive, et elle arrive chez les petits. 13 561 contrats d’apprentissage en cours, dont six sur dix exécutés dans une entreprise de moins de dix salariés, et 39 370 stagiaires de formation continue en une année. Dans trois ans, votre concurrence locale sera plus dense et mieux qualifiée qu’aujourd’hui.
La mise aux normes : un marché que le client ne cherche jamais de lui-même
82,6 % des installations de plus de quinze ans portent au moins une anomalie, et la prise de terre défectueuse est relevée sur 64 % des installations contrôlées. Le baromètre 2025 de l’Observatoire national de la sécurité électrique, publié le 15 mai 2025, s’appuie sur environ 400 000 diagnostics électriques obligatoires de logements construits avant 2009. Il rappelle aussi que de 20 à 35 % des incendies d’habitation sont d’origine électrique.
Ce gisement a une particularité que n’a aucun autre chantier du bâtiment : il ne produit presque jamais de recherche spontanée. Personne ne se réveille en voulant remplacer son tableau. Ce qui déclenche l’appel, c’est un tiers — un diagnostiqueur, un notaire, un agent immobilier, un assureur, un acheteur qui négocie. La demande naît d’un document, pas d’une panne.
Or ce document est obligatoire, et son calendrier est public. L’état de l’installation intérieure d’électricité doit être fourni en vente comme en location dès que l’installation a plus de quinze ans, et il est réalisé par un diagnostiqueur certifié, indépendant — donc par quelqu’un qui n’est pas vous.
- En vente, la validité est de trois ans. Le diagnostic accompagne le dossier de diagnostic technique remis à l’acquéreur ; les anomalies relevées deviennent un argument de négociation quelques jours avant la signature.
- En location, la validité est de six ans. Le bailleur le fournit au locataire, et découvre souvent à cette occasion l’état d’un logement qu’il n’occupe pas.
- Le diagnostiqueur constate, il ne répare pas. Entre le rapport et les travaux, il y a un trou que personne ne comble d’office : c’est exactement la place d’une entreprise d’électricité qui s’est rendue trouvable sur ce sujet.
- Le mot du client n’est pas votre mot. Il ne tape pas « mise en sécurité NF C 15-100 ». Il tape ce qu’il a lu sur son rapport, ou ce qu’il craint : « prise de terre absente », « tableau électrique dangereux », « anomalie diagnostic électrique vente ». Vos pages doivent porter ces formulations-là.
Sources : Observatoire national de la sécurité électrique, « Baromètre 2025 », publié le 15 mai 2025 — onse.fr ; Service-public.gouv.fr, fiche « Diagnostic immobilier : état de l’installation intérieure d’électricité ». Pages consultées le 14 septembre 2026. Le baromètre porte sur des logements construits avant 2009 et ne préjuge pas de l’état des installations plus récentes.
Le marché mesuré autrement : 873 916 attestations de conformité en 2025
CONSUEL a émis 873 916 attestations de conformité en 2025, en recul de 11,7 % sur un an — mais les attestations d’installations de production avec stockage ont progressé de 123,2 %. C’est l’indicateur le plus concret dont dispose le métier, parce qu’il compte des installations réellement mises en service, et non des intentions. Encore faut-il savoir ce qu’il mesure : une attestation est exigée pour une installation neuve ou entièrement rénovée, pas pour un circuit ou une borne ajoutés sur une installation existante. Il éclaire donc le flux du neuf et de la rénovation lourde, pas l’ensemble de votre carnet.
| Attestations de conformité, année 2025 | Nombre | Évolution sur un an |
|---|---|---|
| Total des attestations émises | 873 916 | −11,7 % |
| Consommation — locaux d’habitation | 575 134 | −3,8 % |
| Consommation — services généraux | 20 119 | +1,6 % |
| Consommation — locaux recevant du public et installations extérieures | 68 829 | −0,5 % |
| Total consommation | 664 082 | −3,3 % |
| Production — sans stockage | 183 549 | −26,3 % |
| Production — avec stockage | 18 732 | +123,2 % |
| Total production | 202 281 | −21,4 % |
| Visites de contrôle sur site | 182 392 | −4,8 % |
| dont en locaux d’habitation | 122 282 | +0,3 % |
| Déclarants professionnels, locaux d’habitation | 23 972 — 42,4 % des déclarants, mais 92,5 % des formulaires | −0,3 % |
| Déclarants non professionnels, locaux d’habitation | 32 603 — 57,6 % des déclarants, 7,5 % des formulaires | −7,7 % |
| Déclarants professionnels, installations de production | 9 100 | +33,4 % |
Source : CONSUEL, « Rapport annuel 2025 », publié en avril 2026 — consuel.com, consulté le 14 septembre 2026. Les lignes détaillées sont celles des attestations visées (866 363 au total), le chiffre de 873 916 étant celui des attestations émises ; les deux comptes figurent dans le rapport et ne se recouvrent pas exactement.
Quatre enseignements pour une entreprise qui décide où mettre son effort commercial l’an prochain.
- Le logement tient, la production décroche. −3,8 % sur les locaux d’habitation contre −26,3 % sur la production sans stockage : une entreprise qui avait tout misé sur le panneau photovoltaïque a vu son marché se contracter sept fois plus vite que celle qui était restée sur l’installation intérieure.
- Le stockage est le mouvement du moment. 18 732 attestations avec stockage, en hausse de 123,2 % en un an. Le volume reste dix fois inférieur à celui du sans-stockage, mais c’est là que la demande se déplace — et personne n’a encore pris les positions sur ces requêtes.
- Les déclarants professionnels de la production augmentent de 33,4 %. Neuf mille cent entreprises sont désormais sur ce créneau. Sur un marché en repli, cela veut dire une pression concurrentielle qui monte pendant que le gâteau diminue.
- Les particuliers déclarent beaucoup et posent peu. Ils sont 57,6 % des déclarants en logement mais n’émettent que 7,5 % des formulaires : chacun ne fait qu’un chantier, le sien. Ce sont vos futurs clients pour la borne, le tableau et la conformité — pas vos concurrents.
La borne de recharge : 200 926 points publics, 44 331 en résidentiel collectif
La France comptait 200 926 points de recharge ouverts au public au 31 août 2026, en hausse de 13 % en un an, et les voitures électriques ont représenté 38 % des immatriculations de voitures particulières ce mois-là. C’est la seule ligne du métier dont la croissance ne se discute pas. Elle amène surtout une clientèle qui, contrairement à celle de la mise aux normes, cherche activement : quelqu’un qui vient de commander une voiture électrique tape « installation borne de recharge » dans la semaine.
| La recharge en France | Valeur | Date de relevé |
|---|---|---|
| Points de recharge ouverts au public | 200 926 — +13 % en un an | 31 août 2026 |
| Points déployés dans le mois | 881 | Août 2026 |
| Sessions de recharge par point et par mois | 39,3, contre 31 un an plus tôt | Août 2026 |
| Énergie délivrée par point et par mois | 855 kWh, contre 639 kWh un an plus tôt — +34 % | Août 2026 |
| Part de marché des voitures particulières électriques | 38 % | Août 2026 |
| Points de recharge en résidentiel collectif | 44 331 — +38 % en un an | 2ᵉ trimestre 2026 |
| Immeubles effectivement équipés | 18 289 — +45 % en un an | 2ᵉ trimestre 2026 |
| Immeubles ayant validé un déploiement | 43 648 | 2ᵉ trimestre 2026 |
Sources : Avere-France, ministère de la Transition écologique et Gireve, « Baromètre — 200 926 points de recharge ouverts au public fin août 2026 », publié le 7 septembre 2026 ; Avere-France, AFOR, Enedis, UNELEG et ELE, « Baromètre national sur la recharge en résidentiel collectif », deuxième trimestre 2026, publié le 2 septembre 2026. Pages consultées le 14 septembre 2026.
Reste un angle mort, et il vaut mieux le connaître que l’ignorer : aucun de ces deux baromètres ne compte les bornes posées en maison individuelle. L’un mesure la recharge ouverte au public, l’autre le résidentiel collectif ; et une borne raccordée sur l’installation existante d’un pavillon ne donne lieu à aucune attestation de conformité, donc à aucune trace statistique. Les volumes qui circulent sur ce segment n’ont pas de source publique. C’est utile à savoir avant de bâtir un plan commercial sur un chiffre lu dans un article : sur la maison individuelle, le seul indicateur fiable dont vous disposiez est votre propre carnet.
Deux règles encadrent ce marché, et elles créent chacune une demande directe :
- Au-delà de 3,7 kW, l’installation est réservée aux professionnels habilités. L’article D. 353-2 du code de l’énergie, qui a repris cette règle du décret nº 2017-26 le 1ᵉʳ juillet 2024, exclut de cette obligation les seules infrastructures d’une puissance totale inférieure ou égale à 3,7 kW installées dans un bâtiment d’habitation privé et non accessibles au public. En clair : la prise renforcée peut se poser sans vous, la borne domestique courante, non. C’est une barrière à l’entrée — et donc un argument à afficher.
- Les parkings tertiaires de plus de vingt places devaient être équipés au 1ᵉʳ janvier 2025. L’article L113-13 du code de la construction et de l’habitation impose aux bâtiments non résidentiels au moins un point de recharge sur une place accessible aux personnes à mobilité réduite, puis un point par tranche supplémentaire de vingt emplacements, sauf travaux d’adaptation du réseau importants. Cette échéance est passée : le gisement est constitué de bâtiments en retard, qui ne se trouvent pas par une recherche mais par une démarche.
L’arbitrage tertiaire / particuliers : deux métiers dans la même entreprise
44 % des salariés de la branche travaillent dans un établissement de moins de dix salariés, 9 % dans un établissement de 200 salariés et plus : la profession est structurellement coupée en deux, et beaucoup d’entreprises vivent à cheval sur la faille. C’est l’arbitrage permanent du métier — et il se tranche différemment selon ce qu’on attend de l’année qui vient.
- Le chantier tertiaire arrive par un donneur d’ordre. Entreprise générale, économiste, bureau d’études, service technique d’une collectivité : la décision ne se prend pas sur un téléphone mais sur une consultation. Ce qui pèse, c’est la qualification, la référence comparable et la capacité à tenir un planning — pas la position sur une requête.
- Le chantier de particulier arrive par une recherche. Mise en sécurité après diagnostic, borne de recharge, rénovation complète d’un logement acheté : le client part d’un écran, compare trois entreprises en quarante secondes et appelle celle qui rassure le plus vite. La pompe à chaleur ouvre une quatrième porte : elle se pose avec un chauffagiste, mais c’est votre tableau, votre ligne dédiée et votre puissance souscrite qui décident si le chantier passe. Personne ne cherche cela sous le mot « électricien » : c’est précisément pour cela que la page qui l’explique est seule.
- Le tertiaire remplit le planning, le particulier fait la marge. Un lot de second œuvre occupe trois compagnons pendant six semaines à un prix négocié ; une mise en sécurité de pavillon se vend en deux heures de travail commercial. Les deux se compensent, à condition de ne pas les confondre.
- Le tertiaire vous rend dépendant de quelques interlocuteurs. Perdre un donneur d’ordre, c’est perdre un trimestre. La visibilité auprès des particuliers est le seul contrepoids qui ne dépende de personne — et c’est précisément celle qu’on néglige tant que le carnet est plein.
- On ne bascule pas du premier au second en un mois. Une entreprise qui vivait de sous-traitance et découvre qu’il lui faut des particuliers part de zéro sur un canal qu’elle n’a jamais utilisé. Le socle gratuit — fiche d’établissement, avis, photos — met deux à quatre semaines à produire ; les pages, trois à six mois. Cela se prépare quand le carnet est encore plein.
Ce qui marche chez un électricien, et ce qui n’y marche pas
Avec 67 % d’établissements sans salarié, toute méthode qui réclame une heure par jour échoue — non parce qu’elle est mauvaise, mais parce qu’elle ne sera pas tenue la semaine où trois chantiers se chevauchent. La ligne de partage est là : ce qui marche se fait une fois, ou se fait en trois secondes sur le chantier.
Ce qui marche
- Une page par déclencheur, pas par prestation. « Anomalie relevée au diagnostic électrique », « installation de borne de recharge à domicile », « remplacement de tableau », « rénovation électrique complète d’un logement ancien » : quatre situations, quatre vocabulaires, quatre pages. Elles se positionnent seules une fois écrites.
- La photo du tableau, avant et après. Un tableau ancien, fils apparents, fusibles à cartouche, mis côte à côte avec un tableau neuf étiqueté : c’est l’argument le plus efficace du métier, et vos concurrents ne peuvent pas le copier.
- La relation avec les prescripteurs. Diagnostiqueurs, agences immobilières, syndics, notaires : ce sont eux qui voient le rapport avant le client. Une entreprise connue d’eux reçoit des chantiers de mise en sécurité sans avoir jamais payé un clic.
- Afficher la qualification IRVE, et expliquer pourquoi elle existe. Le client ne sait pas qu’au-delà de 3,7 kW la loi impose un professionnel habilité. Le lui dire vous distingue d’un concurrent qui affiche le même logo sans l’expliquer.
- La demande d’avis pendant la mise en service, au moment où vous montrez le nouveau tableau et où le client est content — pas trois semaines plus tard par courriel.
Ce qui ne marche pas
- Une page « électricité générale » qui dit tout. Elle ne répond à aucune des quatre situations ci-dessus, donc elle n’apparaît sur aucune et ne convertit personne.
- Vivre des plateformes de mise en relation. Le même contact est revendu à plusieurs entreprises : la décision se prend mécaniquement sur le prix, donc sur votre marge, et le jour où vous cessez de payer il ne vous reste rien.
- Ne parler que de borne de recharge. Le segment croît vite, mais 575 134 attestations de conformité en locaux d’habitation en 2025 rappellent où est le volume. Effacer l’installation intérieure de votre site revient à renoncer au flux qui paie les mois creux.
- Afficher une zone d’intervention gonflée. « Toute la région » dilue votre visibilité locale au lieu de l’élargir. Il vaut mieux dominer trois communes que d’être invisible dans trente.
- Traiter l’urgence et le projet sur la même page. Une panne de courant se décide en trois minutes, une rénovation électrique complète en plusieurs semaines. Une page qui crie « intervention rapide » ne signera pas un chantier à 15 000 €, et l’inverse est tout aussi vrai.
Nos douze leviers appliqués au métier d’électricien
Trois de ces douze leviers agissent en moins d’un mois sur le dépannage et la borne — la visibilité locale, les avis et l’achat de mots-clés — et trois construisent le chantier de rénovation complète : les pages de déclencheur, la preuve visuelle et la relation avec les prescripteurs. Les autres servent à mesurer et à ne pas perdre ce qui a été gagné.
SEO local
Le levier nº 1 sur la panne et sur la borne, et il est gratuit. Catégorie principale juste, zone réelle, qualifications visibles : c’est ce que consulte quelqu’un dont le disjoncteur vient de lâcher.
Marketing de contenu
Une page par déclencheur, écrite avec les mots du rapport de diagnostic et non avec ceux de la norme. C’est le format qui va chercher la rénovation complète, des semaines avant le chantier.
Google Ads
Le seul levier qui produit des appels le jour même. Sur « installation borne de recharge », la fenêtre entre la commande de la voiture et la pose est courte : il faut y être, pas y arriver.
Référencement naturel
Le stockage domestique a gagné 123,2 % d’attestations en un an et presque personne n’a pris les positions sur ces requêtes. C’est le genre de créneau qui ne reste ouvert qu’une saison.
E-réputation et avis
Faire toucher son tableau par un inconnu engage plus qu’un devis de peinture. L’avis récent et la réponse écrite pèsent davantage que n’importe quel argumentaire technique.
Site internet
Numéro en haut de chaque page, qualifications et assurance visibles, zone sur une carte, chargement rapide en 4G. Un site d’électricien se juge en huit secondes, souvent dans le noir.
Email marketing
Le canal des prescripteurs. Une note trimestrielle aux diagnostiqueurs, agences et syndics de votre secteur vaut mieux qu’une campagne : ce sont eux qui lisent le rapport avant le client.
Optimisation des conversions
Deux parcours, deux boutons : appeler tout de suite pour une panne, demander une visite pour une borne ou une mise en sécurité. La plupart des sites du métier n’en proposent qu’un.
Marketing automation
Accusé de réception d’une demande de devis, relance à trois jours sur un devis sans réponse, rappel de vérification périodique en tertiaire. Trois automatismes qui remplacent un mi-temps.
Réseaux sociaux
Peu utiles pour vendre une mise en sécurité, utiles pour le recrutement — 13 561 apprentis sont en contrat dans la branche — et pour entretenir le lien avec les prescripteurs locaux.
Analytics
Quatre chiffres suffisent : appels reçus, devis envoyés, devis signés, et part du chiffre d’affaires venue des particuliers plutôt que de la sous-traitance. Mois par mois.
Refonte de site
Un site d’électricien vieillit d’abord par sa page unique « électricité générale » et par ses photos de chantiers tertiaires qui ne parlent à aucun particulier. La refonte utile sépare les deux clientèles.
Par où commencer, dans l’ordre
Les quatre premières actions ne coûtent que du temps et agissent en moins d’un mois ; les deux dernières ouvrent les deux marchés qui croissent, la borne de recharge et la mise en sécurité des 82,6 % d’installations anciennes qui portent une anomalie. L’ordre compte autant que la liste.
- Reprenez votre fiche d’établissement. Catégorie principale, zone réelle, horaires, qualifications dont l’IRVE, photos de tableaux datées. Deux heures, une fois.
- Instaurez la photo systématique du tableau. Une avant, une après, classées par commune et par type d’intervention. Trois secondes par chantier alimentent tout le reste pendant trois ans.
- Listez vos prescripteurs. Les diagnostiqueurs, agences, syndics et notaires de votre rayon tiennent dans un tableur d’une page. C’est votre actif commercial le plus sûr, et il ne coûte rien à constituer.
- Relevez les mots réellement tapés dans votre zone. Une demi-heure sur Google Keyword Planner et Answer The Public vous donne les formulations du client, qui ne sont jamais celles de la norme.
- Écrivez vos quatre pages de déclencheur. Diagnostic, borne, tableau, rénovation complète — avec durée d’intervention, ordre de prix et chantiers réels.
- Décidez votre équilibre tertiaire / particuliers, et écrivez-le. Un site qui s’adresse aux deux sans le dire n’en convainc aucun. Deux entrées claires dès la page d’accueil suffisent.
Pour approfondir une notion employée ici, le dictionnaire du marketing digital et les fiches outils couvrent l’essentiel. Les autres métiers du secteur sont sur le hub BTP et artisanat, et l’ensemble des activités traitées sur la page secteurs d’activité.
Questions fréquentes des électriciens
Faut-il une qualification IRVE pour installer des bornes de recharge ?
Oui au-delà d’un seuil, et ce seuil est bas. L’article D. 353-2 du code de l’énergie, qui a repris cette règle du décret nº 2017-26 le 1ᵉʳ juillet 2024, prévoit que les points de recharge sont installés par des professionnels habilités, avec une seule exclusion :
- Les infrastructures d’une puissance totale inférieure ou égale à 3,7 kW installées dans un bâtiment d’habitation privé ou sa dépendance, et non accessibles au public. En pratique, c’est la prise renforcée.
- Tout le reste relève d’un professionnel habilité, y compris la borne domestique de 7 kW qui est aujourd’hui le standard en maison individuelle.
- L’habilitation se constate par une qualification délivrée par un organisme tiers, et elle se vérifie : c’est une barrière à l’entrée, pas une formalité.
- Commercialement, elle ne vaut que si vous l’expliquez. Un logo de plus dans un pied de page ne distingue personne ; une phrase qui dit au client pourquoi la loi l’exige le rassure et disqualifie l’offre de son beau-frère.
Comment faire venir des chantiers de mise aux normes plutôt que des dépannages ?
En allant chercher la demande là où elle naît. Personne ne cherche spontanément à mettre son installation en sécurité : c’est un rapport de diagnostic qui déclenche la décision, et ce rapport passe par des tiers avant d’arriver au client. Quatre gestes, par ordre de rendement :
- Se faire connaître des diagnostiqueurs, agences et syndics du secteur. Ils lisent le rapport avant le propriétaire et on leur demande systématiquement un nom.
- Écrire des pages qui portent les mots du rapport, pas ceux de la norme : « prise de terre absente », « anomalie relevée au diagnostic », « tableau à fusibles ». Les 64 % de prises de terre défectueuses relevées par l’ONSE sont autant de propriétaires qui taperont cette formulation-là.
- Montrer des avant/après de tableaux, avec la commune et l’année. C’est le seul contenu que le client sait lire sans connaissance technique.
- Donner un ordre de prix. L’absence totale de fourchette est lue comme un signal de cherté et fait fuir des clients que vous auriez pu servir.
Faut-il viser le tertiaire ou les particuliers ?
Les deux ne se prospectent pas du tout de la même façon, et c’est la vraie raison pour laquelle il faut choisir un dominant. Quatre critères pour trancher dans votre cas :
- Votre structure. 44 % des salariés de la branche travaillent dans un établissement de moins de dix salariés, 9 % dans un établissement de 200 et plus : les grosses opérations tertiaires se jouent à une échelle qui n’est pas celle d’une entreprise de six compagnons.
- Votre dépendance actuelle. Si deux donneurs d’ordre font plus de la moitié de votre chiffre, la question n’est pas de choisir mais de construire un contrepoids avant d’en avoir besoin.
- Votre trésorerie. Le particulier paie vite et à l’avancement ; la sous-traitance de second œuvre impose des délais que vous ne fixez pas.
- Le temps disponible. Le canal des particuliers demande un investissement initial — fiche, pages, photos, avis — puis très peu d’entretien. Il se construit quand le carnet est plein, jamais quand il se vide.
Le marché de la borne de recharge est-il déjà saturé ?
Non, mais il se referme par le haut. Les points ouverts au public ont progressé de 13 % sur un an pour atteindre 200 926 fin août 2026, et le résidentiel collectif de 38 % pour atteindre 44 331 points au deuxième trimestre. Dans le même temps, le nombre de déclarants professionnels sur les installations de production a bondi de 33,4 % en un an : d’autres entreprises arrivent, plus vite que le marché ne grandit sur certains segments. La conséquence pratique est simple. Sur la borne en maison individuelle, la fenêtre commerciale s’ouvre au moment de la commande du véhicule et se referme à la livraison : ce sont quelques semaines, et l’entreprise déjà visible prend le chantier. Sur le tertiaire et la copropriété, rien ne se joue sur un moteur de recherche — 43 648 immeubles ont validé un déploiement et 18 289 seulement sont équipés, ce qui se travaille par des syndics et des conseils syndicaux, un par un. Ce sont deux métiers commerciaux distincts, et très peu d’entreprises tiennent les deux correctement.
Un électricien a-t-il intérêt à afficher ses prix ?
Oui, sous forme de fourchettes et d’exemples chiffrés, jamais sous forme de tarif ferme. L’objectif n’est pas de vendre par le prix mais de filtrer : chaque visite faite pour un projet hors budget est une demi-journée perdue. Quatre façons de le faire sans s’engager :
- Un prix de départ par type d’intervention, assorti de ce qui le fait varier — longueur de câble, accessibilité, état de l’existant.
- Un exemple réel et complet : un chantier précis, sa surface, ce qui a été fait, ce qu’il a coûté. Il vaut mieux qu’une grille, parce qu’il est vérifiable.
- Ce qui n’est pas compris, dit clairement — reprise de maçonnerie, dépose d’ancien matériel, attestation de conformité.
- Les aides et dispositifs applicables, avec leur date de mise à jour visible. Une page non datée sur un dispositif qui a changé se retourne contre vous.
Combien de temps avant de voir des résultats quand on part de zéro ?
Les rythmes sont très inégaux, et c’est pourquoi il faut les combiner plutôt que les opposer. Voici ce qu’ils donnent dans ce métier :
- La fiche d’établissement : deux à quatre semaines. C’est le premier geste, il est gratuit, et il produit des appels de panne et de borne de proximité.
- La prise de contact avec les prescripteurs : quelques semaines. Le délai n’est pas technique, il est celui du prochain rapport de diagnostic qui passera entre leurs mains.
- L’achat de mots-clés : le jour même, et il s’arrête le jour où vous cessez de payer. Utile pour tenir une fenêtre courte, pas pour construire.
- Les pages de déclencheur : trois à six mois, puis elles continuent de produire sans coût marginal. C’est long, et c’est la seule chose qui vous appartienne encore au treizième mois.
Un électricien ne vend pas une prestation, il vend une preuve
Trois chiffres tiennent cette page. 79 048 établissements dont 67 % sans aucun salarié : le temps commercial n’existe pas, et tout doit se faire une fois pour durer. 82,6 % des installations de plus de quinze ans portant au moins une anomalie : le marché est là, massif et documenté, mais il ne vous cherchera pas — il faut être trouvable au moment où un tiers le révèle au client. Et 200 926 points de recharge ouverts au public, en hausse de 13 % en un an : la seule demande du métier qui, elle, se tape spontanément dans un moteur de recherche.
Ce qui sépare deux entreprises voisines ne tient presque jamais à la qualité de la pose, qui se ressemble. Il tient à un point : l’une a écrit quelque part ce qu’elle sait faire, dans les mots que ses clients emploient, et l’a montré en photos ; l’autre attend qu’on la recommande. La première reçoit des demandes qualifiées, la seconde reçoit des dépannages.
Parlons de votre carnet — un échange pour situer votre part de tertiaire, l’état de votre visibilité sur la borne de recharge, et par quelle page commencer.
