Par Jean-Michel Kuzaj, consultant en marketing digital · ·


Un secteur ne change pas les leviers du marketing : il change leur ordre, leur rendement et leur coĂ»t. Et il change surtout une chose, mesurable : la vitesse Ă laquelle de nouveaux concurrents arrivent. En 2025, la France a enregistrĂ© 1 165 800 crĂ©ations d’entreprises, en hausse de 5 % â mais cette moyenne ne veut rien dire. Les services administratifs et de soutien ont progressĂ© de 11,7 % et le commerce de 11,1 %, pendant que la construction reculait de 3,8 %. Quinze points d’Ă©cart sur la mĂȘme annĂ©e, dans le mĂȘme pays. Un plan d’acquisition qui ignore cet Ă©cart se trompe de rythme.
L’essentiel en cinq questions
Le secteur change-t-il vraiment quelque chose ? Oui, mais pas ce qu’on croit. Les leviers sont les mĂȘmes partout ; ce qui varie, c’est le dĂ©lai avant qu’ils produisent, le coĂ»t d’un contact, et la contrainte qui pĂšse dessus â dĂ©ontologie, saisonnalitĂ©, cycle de dĂ©cision, rĂ©glementation.
Pourquoi regarder les crĂ©ations d’entreprises ? Parce qu’elles mesurent l’intensitĂ© concurrentielle Ă venir. Un secteur qui gagne 11 % de nouveaux entrants en un an voit ses coĂ»ts d’acquisition monter et ses positions se disputer plus vite qu’un secteur qui en perd 4 %.
Un cycle de vente long change-t-il le plan ? EntiĂšrement. Sur un cycle de six Ă dix-huit mois, la publicitĂ© seule ne rentabilise pas : il faut du contenu qui travaille pendant l’attente, et un suivi qui ne perd pas le contact en route. Sur un achat immĂ©diat, c’est l’inverse.
Faut-il une agence spĂ©cialisĂ©e dans mon secteur ? Pas nĂ©cessairement. Ce qui compte est de connaĂźtre la contrainte du mĂ©tier â ce qu’on a le droit de dire, Ă qui, et sous quelle forme. C’est une question d’enquĂȘte au dĂ©marrage, pas de spĂ©cialisation exclusive.
Mon secteur n’est pas dans la liste, est-ce bloquant ? Non. Les douze pages ci-dessous sont celles qui sont rĂ©digĂ©es ; la mĂ©thode ne change pas pour les autres. Le raisonnement part toujours du cycle de dĂ©cision et de la contrainte, pas du nom du secteur.
« Chaque secteur est diffĂ©rent » est une phrase vraie et inutile. Elle ne dit pas en quoi, ni ce qu’il faut faire diffĂ©remment. Cette page part donc d’une donnĂ©e publique â le rythme des crĂ©ations d’entreprises par secteur â et en tire ce qui se dĂ©cide : sur quoi investir en premier, et Ă quel horizon.
Les douze pages sectorielles qui suivent appliquent ce raisonnement métier par métier. Pour le détail de chaque levier, voyez les pages services.
Le marchĂ© en chiffres, et ce qu’il impose
L’INSEE publie chaque annĂ©e le bilan des crĂ©ations d’entreprises. L’Ă©dition portant sur 2025, parue le 28 janvier 2026, donne la ventilation par secteur â et c’est l’Ă©cart entre les secteurs, bien plus que la moyenne nationale, qui a une consĂ©quence pratique.
| Secteur | Créations | Volume relatif | Sur un an |
|---|---|---|---|
| Commerce | 172 600 | +11,1 % | |
| Activités spécialisées, scientifiques et techniques | 170 200 | +6,2 % | |
| Services administratifs et de soutien | 129 100 | +11,7 % | |
| Transports et entreposage | 112 800 | +5,7 % | |
| Construction | 85 600 | â3,8 % | |
| Information et communication | 75 000 | +8,2 % | |
| Industrie | 71 100 | +0,6 % | |
| Santé humaine et action sociale | 53 400 | +0,8 % | |
| Hébergement et restauration | 47 300 | +6,7 % |
Source : INSEE, « Les crĂ©ations d’entreprises en 2025 », Insee PremiĂšre n° 2092, publiĂ© le 28 janvier 2026. Total France : 1 165 800 crĂ©ations, en hausse de 5 % aprĂšs +6 % en 2024. RĂ©partition par forme : 758 600 micro-entrepreneurs (+6 %), 301 300 sociĂ©tĂ©s (+6 %) et 105 900 entreprises individuelles classiques (â4 %). Les barres reprĂ©sentent le volume de crĂ©ations, rapportĂ© au secteur le plus crĂ©ateur.
Ce que ce tableau dit, et qu’on n’entend jamais formulĂ© ainsi. Deux dirigeants, l’un dans le commerce, l’autre dans la construction, ont vĂ©cu la mĂȘme annĂ©e de façon opposĂ©e : le premier a vu arriver 172 600 nouveaux concurrents potentiels, en hausse de 11 % ; le second en a vu moins que l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente. Cela ne dit pas qui gagne de l’argent â cela dit Ă quelle vitesse l’espace se remplit.
La consĂ©quence pratique est directe. Dans un secteur Ă forte crĂ©ation, les positions se prennent maintenant ou se paient plus cher ensuite : le rĂ©fĂ©rencement et le contenu, qui mettent des mois Ă produire, doivent ĂȘtre engagĂ©s tĂŽt. Dans un secteur Ă crĂ©ation stable ou en recul, la pression est moindre : on peut travailler la transformation et la marge avant le volume.
Une seconde lecture mĂ©rite attention : les deux tiers des crĂ©ations sont des micro-entrepreneurs (758 600 sur 1 165 800). Une grande partie de ces nouveaux entrants sont des indĂ©pendants, pas des structures capables de soutenir un budget publicitaire. Ils encombrent le paysage sans forcĂ©ment acheter les mĂȘmes mots-clĂ©s â ce qui attĂ©nue la pression sur les enchĂšres, mais l’augmente sur les rĂ©sultats naturels et les places de marchĂ©.
Ce qui change rĂ©ellement d’un secteur Ă l’autre
Trois variables suffisent à décrire la plupart des différences, et elles se posent en une conversation.
| La variable | Ce qu’elle change | Exemple de secteur |
|---|---|---|
| Cycle de dĂ©cision | Court : la publicitĂ© rentabilise vite. Long : elle ne rentabilise qu’adossĂ©e Ă du contenu et Ă un suivi | ImmĂ©diat en beautĂ©, six Ă dix-huit mois en industrie |
| Zone de chalandise | Locale : la fiche d’Ă©tablissement et les avis priment. Nationale : le contenu et la marque priment | Local en BTP et beautĂ©, national en tech |
| Contrainte du mĂ©tier | DĂ©cide de ce qu’on a le droit de dire, et donc de la forme des contenus | DĂ©ontologie en juridique et en mĂ©decine, saisonnalitĂ© en tourisme |
La troisiĂšme est celle qu’on sous-estime. Dans les professions rĂ©glementĂ©es, ce n’est pas le budget qui limite le marketing mais le cadre dĂ©ontologique : ce qui peut ĂȘtre affirmĂ©, comparĂ© ou mis en avant. Un plan copiĂ© d’un autre secteur y est inapplicable, non parce qu’il fonctionne mal, mais parce qu’il est interdit.
Ce qui ne change pas, quel que soit le secteur
| La constante | Pourquoi elle ne dépend pas du secteur |
|---|---|
| Mesurer avant de dĂ©penser | Sans comptage juste, aucun arbitrage n’est possible â quel que soit le mĂ©tier |
| Le site reçoit tout le reste | Chaque euro dépensé ailleurs atterrit dessus : lent ou confus, il dégrade tous les leviers à la fois |
| Le rĂ©fĂ©rencement met des mois | C’est une propriĂ©tĂ© du fonctionnement des moteurs, pas du secteur |
| La publicitĂ© s’arrĂȘte avec le budget | Elle achĂšte du temps, elle n’accumule rien â partout de la mĂȘme façon |
| Transformer coĂ»te moins que d’acheter | AmĂ©liorer le rendement du trafic prĂ©sent est toujours moins cher que d’en acquĂ©rir davantage |
C’est pourquoi une page sectorielle ne remplace pas un plan : elle dit dans quel ordre engager des leviers qui, eux, sont les mĂȘmes pour tout le monde.
Les cinq leviers, et ce qu’ils produisent
Quel que soit le secteur, cinq leviers seulement sont en jeu. Ce qui varie d’un mĂ©tier Ă l’autre n’est pas leur nature, c’est l’ordre dans lequel il faut les engager â et cet ordre se dĂ©duit du dĂ©lai d’effet et de ce que chacun accumule.
| Levier | Premiers effets | S’accumule ? | Ce qui se passe si on arrĂȘte |
|---|---|---|---|
| Mesure | ImmĂ©diats | Non, mais conditionne tout le reste | On arbitre Ă l’aveugle |
| Site | Quelques semaines | Oui, il porte tout le reste | Le rendement de tous les autres leviers baisse |
| Fiche d’Ă©tablissement et avis | Quelques semaines | Oui | L’acquis reste, mais se fait dĂ©passer |
| RĂ©fĂ©rencement et contenu | Plusieurs mois | Oui, fortement | L’acquis se maintient un temps, puis s’Ă©rode |
| PublicitĂ© | ImmĂ©diats | Non | Tout s’arrĂȘte le jour mĂȘme |
La derniĂšre colonne est celle qui dĂ©partage. La publicitĂ© achĂšte du temps, elle n’achĂšte pas de position : elle est indispensable quand il faut du volume tout de suite, et ruineuse comme unique stratĂ©gie de long terme. Le rĂ©fĂ©rencement fait l’inverse â il ne produit rien pendant des mois, puis continue de produire longtemps aprĂšs.
C’est prĂ©cisĂ©ment lĂ que le rythme de crĂ©ation d’entreprises du secteur entre en jeu. Dans un marchĂ© qui gagne 11 % de nouveaux entrants par an, le levier lent doit ĂȘtre engagĂ© en mĂȘme temps que le levier rapide, faute de quoi les positions seront prises. Dans un marchĂ© stable, on peut se permettre de les engager l’un aprĂšs l’autre.
Trois profils de secteur, trois ordres de priorité
En croisant les trois variables avec le rythme de crĂ©ation, la plupart des activitĂ©s se rangent dans l’un de ces trois profils. L’ordre indiquĂ© n’est pas une rĂšgle absolue â c’est le point de dĂ©part qu’il faut de bonnes raisons d’abandonner.
| Profil | Ce qui le caractérise | Ordre à engager |
|---|---|---|
| Local, décision rapide BTP, beauté, restauration, dépannage |
Zone restreinte, achat immĂ©diat, le tĂ©lĂ©phone reste le premier canal | Fiche d’Ă©tablissement et avis â site â publicitĂ© locale â contenu |
| National, décision longue Industrie, B2B, tech, conseil |
Cycle de six Ă dix-huit mois, peu de prospects mais Ă forte valeur | Mesure â site â contenu et rĂ©fĂ©rencement â suivi des contacts â publicitĂ© ciblĂ©e |
| Volume et concurrence forte Commerce, e-commerce, tourisme |
Achat rapide, marges serrĂ©es, arrivĂ©e continue de nouveaux entrants | Mesure â transformation â rĂ©fĂ©rencement en parallĂšle de la publicitĂ© |
Le troisiĂšme profil est le seul oĂč deux leviers doivent dĂ©marrer ensemble, et c’est une consĂ©quence directe du tableau des crĂ©ations : avec 172 600 nouvelles entreprises dans le commerce sur la seule annĂ©e 2025, attendre que la publicitĂ© rentabilise avant d’engager le rĂ©fĂ©rencement revient Ă laisser les positions se prendre pendant ce temps.
Ă l’inverse, dans le profil local Ă dĂ©cision rapide, le contenu arrive en dernier â non parce qu’il est inutile, mais parce qu’une fiche d’Ă©tablissement bien tenue et des avis rĂ©cents produisent, sur ces mĂ©tiers, davantage et plus vite que dix articles.
La saisonnalitĂ©, la variable qu’on oublie de poser
Une quatriĂšme variable se glisse dans presque tous les plans sans jamais ĂȘtre discutĂ©e : le moment de l’annĂ©e oĂč la demande existe. Elle ne change pas les leviers, elle change la date Ă laquelle il faut les avoir engagĂ©s â et comme les leviers lents mettent des mois, s’y prendre au moment du pic revient Ă le manquer.
| Type de demande | Exemples de secteurs | Conséquence sur le calendrier |
|---|---|---|
| ConcentrĂ©e sur une saison | Tourisme, hĂŽtellerie, formation, commerce de fin d’annĂ©e | Le rĂ©fĂ©rencement doit ĂȘtre travaillĂ© deux saisons Ă l’avance ; la publicitĂ© se concentre sur la fenĂȘtre |
| Continue mais irrĂ©guliĂšre | BTP, immobilier, concessions et garages | Budget lissĂ©, mais capacitĂ© Ă absorber les pics â un formulaire saturĂ© coĂ»te plus qu’une campagne ratĂ©e |
| DĂ©clenchĂ©e par un Ă©vĂ©nement | Juridique, mĂ©dical, dĂ©pannage, assurance | Ătre prĂ©sent en permanence : la demande ne se prĂ©voit pas, elle se capte au moment oĂč elle survient |
| Cyclique et budgétaire | Industrie, B2B, tech, conseil | Le cycle suit les exercices comptables des clients : la prospection se cale dessus, pas sur le calendrier civil |
La troisiĂšme ligne mĂ©rite un mot, parce qu’elle est contre-intuitive. Sur les mĂ©tiers de demande dĂ©clenchĂ©e par un Ă©vĂ©nement â un litige, une panne, un sinistre â, il n’existe pas de bonne pĂ©riode pour communiquer : la seule stratĂ©gie qui fonctionne est d’ĂȘtre dĂ©jĂ lĂ au moment oĂč le besoin apparaĂźt. C’est le cas de figure oĂč le rĂ©fĂ©rencement et la fiche d’Ă©tablissement l’emportent nettement sur toute campagne ponctuelle, parce qu’ils travaillent en continu et sans surveillance.
La quatriĂšme, elle, explique une frustration frĂ©quente en B2B : une campagne lancĂ©e en juillet ou en dĂ©cembre paraĂźt sous-performer, alors qu’elle tombe simplement en dehors des fenĂȘtres oĂč les budgets se dĂ©cident chez les clients visĂ©s.

Les douze secteurs que nous traitons
đ SantĂ©
Praticiens, cliniques et structures de soin, dans un cadre dĂ©ontologique qui limite strictement ce qui peut ĂȘtre mis en avant.
đŠ Finance & Assurance
Banques, courtiers et assureurs : un secteur oĂč la confiance se construit avant le contact, et oĂč la conformitĂ© encadre chaque message.
đ Automobile & Transport
Concessions, garages et transporteurs â 112 800 crĂ©ations d’entreprises dans le transport en 2025, en hausse de 5,7 %.
đš BTP & Artisanat
Plombiers, couvreurs, maçons, Ă©lectriciens, menuisiers : rĂ©fĂ©rencement local, avis clients et publicitĂ© d’urgence. Seul secteur en recul de crĂ©ations (â3,8 %).
âïž Juridique & Conseil
Avocats, notaires, experts-comptables et cabinets de conseil, dans un cadre déontologique strict et une profession trÚs concentrée sur Paris.
đ Immobilier
Agences, promoteurs, syndics et gestionnaires locatifs : capter les mandats autant que les acquéreurs.
đ Commerce & E-commerce
Le secteur le plus crĂ©ateur d’entreprises de France : 172 600 crĂ©ations en 2025, en hausse de 11,1 %. L’espace s’y remplit vite.
đš Tourisme & HĂŽtellerie
HÎtels, campings, gßtes, restaurants et salles de réception : remplir en réduisant la dépendance aux plateformes.
đ» Tech & SaaS
Ăditeurs, ESN, agences web et startups â 75 000 crĂ©ations en information et communication, en hausse de 8,2 %.
đ Industrie & B2B
Sous-traitance, métallurgie, machines spéciales, négoce et logistique : cycles longs et marché trÚs concentré.
đ Formation & Ăducation
Organismes de formation, écoles privées, CFA et formations CPF, dans un marché dont les budgets se sont resserrés.
đ BeautĂ© & Bien-ĂȘtre
Salons de coiffure, instituts, spas, barbiers et salles de sport : remplir l’agenda, et recruter â les deux sont liĂ©s.
Les secteurs qui n’ont pas encore leur page
Trois secteurs sont traitĂ©s sans avoir de page dĂ©diĂ©e pour l’instant : la restauration et l’agroalimentaire, les mĂ©dias et le divertissement, et les ONG, fondations et associations. L’hĂ©bergement et la restauration ont enregistrĂ© 47 300 crĂ©ations en 2025, en hausse de 6,7 % : le sujet n’est pas mince, il est simplement Ă Ă©crire.
Leur absence ne change rien Ă la mĂ©thode : le raisonnement part du cycle de dĂ©cision, de la zone de chalandise et de la contrainte du mĂ©tier, et ces trois variables se posent pour n’importe quelle activitĂ©. Si votre secteur n’est pas listĂ©, dites-nous lequel â c’est aussi ce qui dĂ©cide de l’ordre dans lequel les pages suivantes sont Ă©crites.
Agence généraliste, spécialiste sectoriel, ou équipe interne
Le spécialiste sectoriel
Il connaĂźt la contrainte du mĂ©tier d’emblĂ©e et ne perd pas de temps Ă la dĂ©couvrir. C’est son vrai avantage, et il est rĂ©el.
Limite : il applique souvent le mĂȘme plan Ă tous ses clients â vos concurrents compris.
Le gĂ©nĂ©raliste qui enquĂȘte
Il pose les trois variables au démarrage et construit à partir de là . Plus lent au départ, moins susceptible de reproduire un plan tout fait.
Limite : tout repose sur la qualitĂ© de l’enquĂȘte initiale.
L’Ă©quipe interne
Elle connaĂźt le mĂ©tier mieux que quiconque, et c’est irremplaçable sur le contenu : la matiĂšre vient de vous de toute façon.
Limite : rarement le temps ni le recul pour arbitrer entre les leviers.
Dans les faits, la combinaison qui fonctionne le mieux associe une Ă©quipe interne qui fournit la matiĂšre et un regard extĂ©rieur qui arbitre â parce que l’arbitrage est prĂ©cisĂ©ment ce qu’on fait mal sur son propre mĂ©tier.
Questions fréquentes sur le marketing digital par secteur
Le secteur d’activitĂ© change-t-il vraiment la stratĂ©gie ?
Il ne change pas les leviers, qui sont les mĂȘmes partout : site, rĂ©fĂ©rencement, publicitĂ©, contenu, avis, mesure. Il change leur ordre, leur rendement et leur coĂ»t. Trois variables suffisent Ă dĂ©crire l’essentiel des diffĂ©rences : la longueur du cycle de dĂ©cision, l’Ă©tendue de la zone de chalandise, et la contrainte propre au mĂ©tier â dĂ©ontologie, saisonnalitĂ© ou rĂ©glementation. Un plan copiĂ© d’un autre secteur Ă©choue rarement parce qu’il est mauvais, mais parce qu’il arrive dans le mauvais ordre ou se heurte Ă une contrainte qui n’existait pas ailleurs.
Pourquoi regarder les crĂ©ations d’entreprises de son secteur ?
Parce qu’elles mesurent la vitesse Ă laquelle l’espace concurrentiel se remplit. En 2025, la France a enregistrĂ© 1 165 800 crĂ©ations d’entreprises, en hausse de 5 %, mais avec quinze points d’Ă©cart entre secteurs : +11,7 % dans les services administratifs et de soutien, +11,1 % dans le commerce, contre â3,8 % dans la construction. Dans un secteur Ă forte crĂ©ation, les positions se prennent tĂŽt ou se paient plus cher ensuite ; dans un secteur stable, on peut travailler la transformation avant le volume.
Mon secteur n’a pas de page dĂ©diĂ©e, est-ce un problĂšme ?
Non. Douze secteurs ont aujourd’hui une page rĂ©digĂ©e ; trois autres â restauration et agroalimentaire, mĂ©dias et divertissement, ONG et associations â sont traitĂ©s sans page dĂ©diĂ©e pour l’instant. La mĂ©thode ne dĂ©pend pas du nom du secteur : elle part du cycle de dĂ©cision, de la zone de chalandise et de la contrainte du mĂ©tier, et ces trois questions se posent pour n’importe quelle activitĂ©.
Faut-il choisir une agence spécialisée dans son secteur ?
Ce n’est pas indispensable, et cela comporte un revers. Le spĂ©cialiste connaĂźt la contrainte du mĂ©tier d’emblĂ©e, ce qui fait gagner du temps au dĂ©marrage â mais il applique frĂ©quemment le mĂȘme plan Ă tous ses clients, vos concurrents inclus. Ce qui compte rĂ©ellement est la qualitĂ© de l’enquĂȘte initiale : savoir ce qu’on a le droit de dire, Ă qui, sous quelle forme, et en combien de temps une dĂ©cision d’achat se prend dans ce mĂ©tier.
Un cycle de vente long change-t-il le plan d’acquisition ?
EntiĂšrement. Sur un cycle de six Ă dix-huit mois, typique de l’industrie ou du B2B, la publicitĂ© seule ne rentabilise pas : le prospect n’est pas prĂȘt au moment oĂč il clique. Il faut du contenu qui travaille pendant l’attente et un suivi qui ne perd pas le contact en route. Sur un achat immĂ©diat â beautĂ©, restauration, dĂ©pannage â c’est l’inverse : la publicitĂ© et la fiche d’Ă©tablissement produisent tout de suite, et le contenu vient ensuite consolider.
Les erreurs propres au raisonnement sectoriel
Copier le plan d’un concurrent
Un concurrent n’a ni votre zone de chalandise, ni votre marge, ni votre capacitĂ© Ă produire du contenu. Copier son plan revient Ă hĂ©riter de ses arbitrages sans en connaĂźtre les raisons â et souvent Ă arriver deuxiĂšme sur les positions qu’il occupe dĂ©jĂ .
Croire que le secteur dispense de mesurer
« Dans notre mĂ©tier, ça ne se mesure pas » est presque toujours faux, et coĂ»teux. Les canaux varient, mais le principe tient : un contact entrant a une origine, et cette origine se trace â y compris pour les appels tĂ©lĂ©phoniques, qui sont souvent le premier canal des activitĂ©s locales.
Confondre secteur et cible
Deux entreprises du mĂȘme secteur peuvent viser des clients opposĂ©s : un serrurier de dĂ©pannage d’urgence et un menuisier d’agencement sur mesure sont tous deux dans le bĂątiment, et n’ont presque aucun levier en commun. Le secteur oriente, il ne dĂ©termine pas.
Attendre que le secteur « bouge »
Dans un secteur Ă forte crĂ©ation d’entreprises, attendre coĂ»te deux fois : les positions se prennent pendant ce temps, et les racheter ensuite en publicitĂ© revient plus cher que de les avoir travaillĂ©es tĂŽt.

Par oĂč commencer, concrĂštement
D’abord. Posez les trois variables de votre activitĂ© : combien de temps s’Ă©coule entre le premier contact et la dĂ©cision, jusqu’oĂč vos clients acceptent de venir, et ce que votre mĂ©tier vous interdit de dire. Ces trois rĂ©ponses dĂ©terminent l’ordre des leviers.
Ensuite. Regardez le rythme de crĂ©ation d’entreprises de votre secteur dans le tableau ci-dessus. Il dit s’il faut engager tĂŽt les leviers lents â rĂ©fĂ©rencement, contenu â ou s’il reste du temps pour travailler d’abord la transformation.
Enfin. Ouvrez la page de votre secteur : elle applique ce raisonnement Ă votre mĂ©tier, avec ses chiffres et ses contraintes propres. Si votre secteur n’y est pas encore, la mĂ©thode reste la mĂȘme.
Le secteur oriente, il ne décide pas
Il y a deux façons de se tromper avec le raisonnement sectoriel. La premiĂšre est de l’ignorer, et d’appliquer partout le mĂȘme plan â celui qui fonctionne dans le commerce Ă©choue dans le juridique, non par manque de moyens mais parce qu’il y est en partie interdit. La seconde est de lui faire trop confiance, et de croire qu’appartenir Ă un secteur suffit Ă savoir quoi faire.
Entre les deux, ce qui se dĂ©cide tient Ă trois questions â le cycle, la zone, la contrainte â et Ă une donnĂ©e publique : la vitesse Ă laquelle de nouveaux entrants arrivent sur votre marchĂ©. Les douze pages ci-dessus appliquent ce raisonnement mĂ©tier par mĂ©tier ; le dĂ©tail de chaque levier se trouve dans les pages services, une fois l’ordre fixĂ©.
