Marketing digital pour les professionnels de santé : ce que la déontologie autorise
L’essentiel en cinq questions
Ai-je le droit de communiquer ? Oui, depuis fin 2020 : sept décrets du 22 décembre 2020, en vigueur le 25 décembre, ont supprimé des codes de déontologie l’interdiction générale de « tous procédés directs ou indirects de publicité » et l’ont remplacée par un régime de communication professionnelle. Beaucoup de praticiens s’interdisent encore ce que la loi autorise depuis cinq ans.
Qu’est-ce qui reste interdit ? Les témoignages de tiers, la comparaison avec d’autres praticiens ou établissements, et tout ce qui inciterait à un recours injustifié aux soins. L’article R. 4127-19-1 du code de la santé publique, créé par le décret n° 2020-1662, pose le cadre pour les médecins.
Combien sommes-nous ? 242 200 médecins en activité au 1er janvier 2026, dont 101 000 généralistes, 111 400 masseurs-kinésithérapeutes, 75 300 pharmaciens, 48 700 chirurgiens-dentistes (DREES, 2 juillet 2026). Les effectifs montent dans toutes les professions.
Où se joue la décision ? Sur la fiche d’établissement, les avis, et la prise de rendez-vous — pas sur le site. Le site sert à ce qui ne tient pas dans une fiche : les actes pratiqués, les conditions, ce que vous ne faites pas.
Par quoi commencer ? Par la fiche d’établissement et les horaires, avant toute dépense publicitaire. C’est le seul levier dont l’effet est immédiat, gratuit, et que personne ne peut faire à votre place.
Le marché en chiffres, et ce qu’il impose
La démographie des professions de santé a cessé de baisser. Au 1er janvier 2026, la France compte 242 200 médecins en activité, soit 5 000 de plus qu’un an auparavant et une progression de 12,2 % depuis 2012. 51 % sont des femmes. Cette hausse se répartit très inégalement : 101 000 généralistes (+1,0 % sur un an) contre 141 200 praticiens d’autres spécialités (+2,9 %).
Le mouvement est encore plus net chez les auxiliaires médicaux et les professions du soin de proximité.
| Profession | Effectifs au 1er janvier 2026 | Évolution | Part de femmes | Âge moyen |
|---|---|---|---|---|
| Médecins | 242 200 | +5 000 en un an | 51 % | — |
| Masseurs-kinésithérapeutes | 111 400 | +3,1 % par an depuis 2017 | 53 % | 40,2 ans |
| Pharmaciens | 75 300 | en hausse continue depuis 2023 | 68 % | 46,1 ans |
| Chirurgiens-dentistes | 48 700 | +2,2 % en un an | 51 % | 43,9 ans |
| Sages-femmes | 26 400 | +2,6 % en un an | 97 % | 41,0 ans |
| Pédicures-podologues | 14 600 | +10,1 % depuis 2018 | 66 % | 41,6 ans |
Source : DREES, Démographie des professionnels de santé au 1er janvier 2026 et Les effectifs de kinésithérapeutes, pharmaciens, chirurgiens-dentistes, sages-femmes et pédicures-podologues continuent de progresser entre début 2025 et début 2026, jeux de données parus le 2 juillet 2026, établis à partir du répertoire RPPS.
Ce que ces chiffres imposent est contre-intuitif. Dans un secteur où la demande dépasse souvent l’offre, la première réaction est de conclure qu’on n’a pas besoin de communiquer. C’est vrai pour le volume, et faux pour la composition. Un cabinet qui ne choisit pas ses patients les subit : il remplit son planning d’actes peu rentables, de premières consultations sans suite, et de rendez-vous non honorés. La question n’est pas d’attirer plus de monde, elle est d’attirer les bonnes demandes — et cela se pilote.
Le second effet est démographique. Avec un âge moyen de 40,2 ans chez les kinésithérapeutes et 43,9 ans chez les chirurgiens-dentistes, une part importante des praticiens s’est installée après 2015, dans un environnement où la recherche en ligne était déjà la norme. Le confrère qui ouvre à deux rues n’a pas les mêmes réflexes que celui qui exerce depuis trente ans.
Ce que la déontologie autorise, profession par profession
C’est le point où se perdent le plus de praticiens, et celui où l’information qui circule est la plus périmée.
L’interdiction générale de publicité n’existe plus. Sept décrets du 22 décembre 2020, entrés en vigueur le 25 décembre, ont supprimé des codes de déontologie la formule « tous procédés directs ou indirects de publicité sont interdits » et l’ont remplacée par un régime de communication professionnelle. Deux d’entre eux sont les plus cités : le décret n° 2020-1662 pour les médecins, qui crée l’article R. 4127-19-1 du code de la santé publique, et le décret n° 2020-1658 pour les chirurgiens-dentistes.
Le principe posé est large : le praticien peut communiquer au public, par tout moyen y compris un site internet, des informations destinées à contribuer au libre choix du patient — ses compétences, ses pratiques professionnelles, son parcours et ses conditions d’exercice.
| Ce qui est désormais permis | Ce qui reste interdit |
|---|---|
| Décrire ses actes, ses techniques, son équipement | Publier des témoignages de tiers |
| Indiquer son parcours, ses diplômes, ses formations | Se comparer à d’autres praticiens ou établissements |
| Préciser ses conditions d’exercice, horaires, accès | Inciter à un recours injustifié à la prévention ou aux soins |
| Être présent sur un site et sur une fiche d’établissement | Exercer la profession comme un commerce |
Trois précautions, qui valent pour toutes les professions. La communication doit rester loyale et honnête — c’est le critère retenu par les textes, et c’est lui qui sera opposé en cas de contestation. Les règles diffèrent d’une profession à l’autre : un chirurgien-dentiste, un kinésithérapeute et un médecin ne relèvent pas du même décret ni du même code. Et l’instance ordinale de chaque profession reste l’interlocuteur à consulter avant une campagne inhabituelle.
Le cas des témoignages mérite d’être isolé, parce qu’il est la source de la plupart des difficultés. Publier sur son site des avis de patients relève du témoignage de tiers. En revanche, les avis déposés spontanément sur une fiche d’établissement par les patients eux-mêmes ne sont pas publiés par le praticien : ils lui échappent, et y répondre relève de la relation au patient, pas de la promotion. La distinction est ténue mais elle est structurante pour tout ce qui suit.
Ce qui rend la santé différente
1. La décision ne se prend pas sur votre site
Dans la plupart des métiers, le site est l’endroit où l’on convainc. En santé, il arrive après. Le patient cherche un praticien proche, disponible, et il tranche sur ce qu’il voit dans les résultats locaux : la fiche d’établissement, les horaires, la note, la possibilité de prendre rendez-vous. Le site sert à ce qui ne tient pas dans une fiche — les actes réellement pratiqués, les conditions d’accès, ce que vous ne faites pas.
2. La demande est rarement élastique
On ne consulte pas un dentiste parce qu’une publicité était bien faite. La demande naît d’un événement — une douleur, un contrôle, une prescription, un déménagement. Conséquence directe sur le budget : la publicité ne crée pas de demande en santé, elle capte une demande existante au moment où elle se manifeste. Tout dispositif qui parie sur la création de besoin gaspille son budget.
3. Le coût d’un patient se mesure sur des années
Un patient de médecine générale, de kinésithérapie ou de suivi dentaire revient. Sa valeur ne se mesure pas au premier acte mais à la durée de la relation, et l’écart entre les deux est d’un facteur considérable. C’est ce qui rend supportables des coûts d’acquisition qui paraîtraient absurdes ailleurs — et c’est aussi ce qui rend si coûteux un patient perdu pour une raison évitable, comme un horaire faux en ligne.
4. L’erreur se paie en réputation, pas en budget
Une campagne mal calibrée dans le bâtiment coûte de l’argent. En santé, une communication maladroite peut être portée devant l’instance ordinale. Le risque n’est pas financier, il est disciplinaire — et il est asymétrique : le gain d’une formulation agressive est marginal, le coût d’une plainte ne l’est pas.

Les leviers qui fonctionnent réellement
| Levier | Premier effet | Ce qu’il produit | Ce qu’il coûte | S’arrête quand ? |
|---|---|---|---|---|
| Fiche d’établissement | Quelques jours | Appels, itinéraires, prises de rendez-vous | Du temps, pas d’argent | Jamais : l’actif reste |
| Avis et réponses | Quelques semaines | Taux de clic et décision en votre faveur | Une routine de sollicitation | Se dégrade si on cesse |
| Prise de rendez-vous en ligne | Immédiat | Réduction des appels et des créneaux vides | Abonnement, et une dépendance | Le jour où l’on résilie |
| Pages d’actes et de conditions | 3 à 6 mois | Demandes mieux qualifiées, moins de rendez-vous inutiles | Du temps de rédaction | Jamais : l’actif reste |
| Référencement local | 2 à 4 mois | Visibilité sur les recherches de proximité | Cohérence des informations, régularité | Se dégrade lentement |
| Publicité en ligne | Quelques jours | Capte une demande déjà exprimée | Budget continu | Le jour où l’on arrête de payer |
La fiche d’établissement, avant tout le reste
C’est le seul levier dont l’effet se mesure en jours et qui ne coûte rien d’autre que du temps. Une fiche complète — horaires exacts, actes pratiqués, photographies du lieu, téléphone qui aboutit — capte des décisions qui se prennent sans qu’aucun site ne soit ouvert. Une fiche incomplète les laisse au confrère qui a rempli la sienne. Dans un secteur où la recherche est presque toujours locale et souvent urgente, c’est l’écart le plus rentable à combler.
Les pages d’actes, pour filtrer et non pour attirer
L’intuition veut qu’une page serve à faire venir. En santé elle sert d’abord à faire ne pas venir : décrire précisément ce que vous pratiquez, dans quelles conditions, avec quels délais, et surtout ce que vous ne prenez pas en charge, supprime des rendez-vous qui n’auraient rien produit. Un créneau libéré vaut souvent plus qu’un contact de plus, et c’est une économie qu’aucune publicité ne procure.
Ces pages ont un second effet, celui-là sur la visibilité : elles répondent à des formulations précises — un acte, une technique, une condition particulière — que personne d’autre ne traite parce que tout le monde s’en tient aux généralités du métier.
Le référencement local, qui se joue sur la cohérence
Il ne dépend pas d’un travail technique compliqué mais d’une discipline : le même nom, la même adresse écrite de la même façon, le même téléphone, partout où vous existez — fiche, site, annuaires professionnels, plateforme de rendez-vous, ordre. Un écart d’écriture empêche le recoupement et dilue le signal. C’est fastidieux, c’est gratuit, et c’est ce qui sépare les cabinets visibles des autres dans un rayon de quelques kilomètres.
La publicité, en dernier et sous condition
Elle capte une demande qui existe déjà, elle ne la crée pas — sauf dans un segment, l’esthétique, qui obéit à d’autres règles et à un encadrement plus strict. Elle n’est pas ouverte à tous : la convention des orthophonistes l’exclut pour les praticiens conventionnés, les pédicures-podologues ne peuvent pas acheter de référencement prioritaire, et les laboratoires de biologie médicale n’y ont pas droit. Son intérêt est donc circonscrit : ouvrir un cabinet, lancer un nouvel acte, compenser une baisse saisonnière, ou tenir une zone où la concurrence achète le terrain. Engagée avant que la fiche et les pages d’actes soient en place, elle paie pour envoyer des gens vers une information incomplète.
Le contrôle à faire avant d’engager le premier euro tient en une ligne : puis-je recevoir les patients que cette campagne va m’amener ? Payer pour des demandes qu’on ne peut pas honorer dégrade la réputation plus vite que l’absence de visibilité.
Ce qui ne marche pas, et qu’on essaie quand même
Trois dispositifs reviennent et produisent rarement : la publication régulière sur les réseaux sociaux, quand l’audience n’est pas locale et que la demande est déclenchée par un événement ; les annuaires payants qui promettent une visibilité que la fiche d’établissement procure gratuitement ; et les refontes de site répétées, qui déplacent le problème sans jamais traiter l’information manquante. Aucun des trois n’est absurde en soi — ils sont simplement placés avant ce qui produit vraiment.
L’ordre compte plus que la liste. Les deux premiers leviers ne coûtent rien d’autre que du temps et produisent l’effet le plus rapide. Engager un budget publicitaire avant d’avoir une fiche complète et des avis récents revient à payer pour envoyer des gens vers une vitrine mal éclairée.
La fiche d’établissement et les avis, un cas particulier en santé
C’est le point où la santé se distingue le plus des autres secteurs, et où la déontologie et la pratique se rencontrent.
La fiche est devenue la destination, pas le raccourci. Horaires, adresse, itinéraire, téléphone, prise de rendez-vous, photographies, questions posées par d’autres patients : une part importante des recherches se conclut sans qu’aucun site ne soit ouvert. Cela ne se corrige pas, cela s’exploite. Trois éléments décident le plus souvent :
- L’exactitude des horaires, en particulier les fermetures exceptionnelles. Une erreur ici coûte un patient et souvent un avis négatif — c’est le défaut le plus fréquent et le plus facile à éviter.
- La fraîcheur des avis et la présence de réponses. Un avis sans réponse vieillit mal ; une réponse mesurée à une critique vaut mieux que dix avis élogieux.
- Des photographies du lieu réel, pas des visuels de catalogue : la salle d’attente, l’accès, le stationnement. C’est ce que le patient cherche à vérifier avant de se déplacer.
Sur les avis, une ligne de conduite tient en une phrase : on sollicite, on ne rédige pas, et on répond sans jamais évoquer un élément de santé. Répondre « merci pour votre confiance » à un avis qui décrit une intervention, c’est confirmer publiquement que la personne est patiente — le secret professionnel s’applique aussi à une réponse en ligne.

Se positionner ville par ville, sans dupliquer
Un cabinet qui exerce sur plusieurs sites, ou qui rayonne sur plusieurs communes, est tenté de créer une page par ville. C’est l’erreur la plus coûteuse du référencement local en santé, pour une raison simple : ces pages se ressemblent, et une page qui n’apporte rien de propre ne se positionne pas.
Ce qui fonctionne est l’inverse : une page par lieu d’exercice réel, avec ce qui la distingue — l’équipe présente, les actes réalisés sur place, les horaires propres, l’accès, le stationnement, les transports. Une page de lieu qui ne contient que le nom de la ville remplacé mérite d’être fusionnée avec sa voisine.
Combien investir, et sur quel horizon
Le repère n’est pas un pourcentage du chiffre d’affaires. Il se déduit de trois nombres que vous connaissez.
| Ce que vous savez | Exemple |
|---|---|
| Valeur d’un patient sur la durée de la relation | 900 € |
| Part des nouveaux patients qui restent au-delà du premier acte | 1 sur 2 |
| Part des contacts qui deviennent un premier rendez-vous honoré | 1 sur 3 |
| Ce qu’un contact peut coûter, au maximum | 150 € |
Au-delà, vous perdez de l’argent sur chaque patient gagné. En dessous, vous pouvez investir davantage sans risque. Ce calcul se refait avec vos chiffres, et il tranche à lui seul la plupart des arbitrages — y compris celui de renoncer à la publicité, qui est une décision parfaitement défendable quand le planning est déjà plein.
L’horizon compte autant que le montant. Une fiche d’établissement produit en quelques jours ; des pages d’actes en trois à six mois ; une réputation en ligne se construit sur des années et se détruit en une semaine. Un budget engagé sur trois mois ne peut donc financer que le premier de ces trois leviers.
La concurrence des plateformes, et comment y répondre
Les plateformes de prise de rendez-vous occupent aujourd’hui une position que peu de praticiens ont choisie : elles apparaissent souvent avant le cabinet sur le nom même du praticien, elles détiennent l’agenda, et elles conservent la relation avec le patient. L’arbitrage n’est pas de les quitter — pour beaucoup de cabinets ce serait perdre des rendez-vous immédiatement — mais de savoir ce qu’on leur cède et ce qu’on garde.
| Ce que la plateforme apporte | Ce qu’elle prend |
|---|---|
| Moins d’appels pendant les consultations | La relation directe avec le patient |
| Rappels automatiques, moins de rendez-vous non honorés | Une visibilité qui dépend de son classement à elle |
| Une visibilité immédiate, sans effort de référencement | Un abonnement qui ne cesse jamais |
| Un agenda tenu sans secrétariat | Les données de votre patientèle |
Trois gestes réduisent la dépendance sans rien résilier.
- Exister en propre sur votre nom. Un cabinet dont la fiche d’établissement et le site sont complets apparaît devant la plateforme sur son propre nom. C’est gratuit, et c’est le premier point que la plupart négligent.
- Proposer un second chemin de rendez-vous — téléphone, formulaire, ou un créneau réservé aux patients suivis. Une plateforme qui devient l’unique porte d’entrée devient un point de défaillance unique.
- Constituer votre propre fichier dans le respect des règles applicables aux données de santé. Un patient que vous pouvez joindre sans intermédiaire est un patient qui reste quand l’abonnement s’arrête.
La question à se poser chaque année est simple : si cette plateforme doublait son tarif demain, que se passerait-il ? Si la réponse est « je n’aurais plus de nouveaux patients », la dépendance est trop forte, quel que soit le confort actuel.
En interne, délégué, ou réparti
La question revient à chaque arbitrage, et elle se tranche différemment en santé qu’ailleurs : la matière première du contenu ne peut venir que du cabinet. Personne d’autre ne sait quels actes vous pratiquez, dans quelles conditions, ni ce que vous refusez de prendre en charge.
| Tâche | Qui la fait le mieux | Pourquoi |
|---|---|---|
| Horaires et informations de la fiche | Le cabinet | Personne d’autre ne connaît les fermetures à l’avance |
| Réponses aux avis | Le cabinet | Le secret professionnel ne se délègue pas |
| Contenu des pages d’actes | Le praticien, relu par un rédacteur | La matière est médicale, la forme ne l’est pas |
| Structure et technique du site | Un prestataire | Aucune valeur à l’internaliser |
| Campagnes publicitaires | Un prestataire, avec un cadre écrit | Le risque déontologique reste le vôtre |
Une règle qui évite la plupart des accidents : tout ce qui engage la déontologie reste validé par le praticien avant publication, y compris quand un prestataire rédige. Une agence qui publie un témoignage de patient ou une comparaison avec un confrère ne sera pas convoquée devant l’instance ordinale — vous si.
Nos solutions par métier de la santé
Les vingt métiers ci-dessous ne relèvent pas du même raisonnement. Un chirurgien-dentiste et un fabricant d’équipement médical n’ont ni le même patient, ni le même cycle, ni la même déontologie. Trois familles se distinguent, et l’arbitrage n’est le même dans aucune.
Les soins de proximité : la décision se prend en local
Demande déclenchée par un événement, choix dans un rayon de quelques kilomètres, valeur du patient étalée sur des années. Le levier décisif est la fiche d’établissement, puis les pages d’actes.
- Médecins et cabinets médicaux — 101 000 généralistes ; l’enjeu est d’orienter la demande, pas de la trier.
- Chirurgiens-dentistes — 48 700 praticiens ; l’un des rares métiers de santé où les actes non remboursés justifient une page dédiée.
- Orthodontistes — cycle long, décision familiale, un devis qui se compare.
- Kinésithérapie et rééducation — 111 400 praticiens, +3,1 % par an ; la prescription amène, la disponibilité retient.
- Pédicures-podologues — 14 600 praticiens, +10,1 % depuis 2018, et 84 % des libéraux seuls en cabinet.
- Ophtalmologie et optométrie — délais d’accès longs, forte tension sur les rendez-vous.
- Orthophonistes — demande très supérieure à l’offre, l’enjeu est la gestion de la liste d’attente.
- Nutritionnistes et diététiciens — professions au statut hétérogène, où la distinction réglementaire compte.
- Santé mentale et psychiatrie — 16 200 psychiatres ; discrétion et clarté du cadre priment sur la visibilité.
- Chiropracteurs — profession non médicale réglementée, dont le cadre de communication diffère.
- Médecine alternative — hors professions réglementées pour l’essentiel : le cadre publicitaire y est différent : c’est le code de la consommation, et non un code de déontologie, qui juge la page.
- ORL et spécialités de second recours — l’adressage par un confrère pèse lourd, mais le patient garde le choix du nom (article R. 4127-60).
- Dermatologie — un seul code de déontologie, deux demandes : l’acte médical et l’acte esthétique n’appellent pas la même information.
Les commerces de santé : proximité et flux
- Pharmacies — 75 300 pharmaciens ; un commerce soumis à un monopole et à des règles de publicité propres.
- Chirurgie esthétique — le seul segment du secteur où la demande se crée, et celui où l’encadrement est le plus strict.
- Téléconsultation et télémédecine — acquisition nationale pour les plateformes, mais une prise en charge qui reste territoriale : la plupart des téléconsultations prolongent une relation locale.
Les institutions et le B2B : cycles longs, plusieurs décideurs
Ici le patient n’est plus le client. L’achat engage une direction, un service technique, parfois une commission — le raisonnement se rapproche de celui de l’industrie.
- Hôpitaux et cliniques — deux publics distincts : les patients et les praticiens à recruter.
- Laboratoires d’analyses — réseau de points de prélèvement, prescription, et logistique.
- Équipement médical — vente aux établissements, appels d’offres, conformité réglementaire.
- Biotechnologie — cycle très long, audience internationale, communication scientifique.
Questions fréquentes des professionnels de santé
Ai-je le droit de faire de la publicité ?
L’interdiction générale a été supprimée par des décrets du 22 décembre 2020, en vigueur le 25 décembre 2020. Vous pouvez communiquer sur vos compétences, vos pratiques, votre parcours et vos conditions d’exercice. Restent interdits les témoignages de tiers, la comparaison avec d’autres praticiens, et l’incitation à un recours injustifié aux soins. Les règles précises dépendent de votre profession : vérifiez auprès de votre instance ordinale. Deux exceptions : les laboratoires de biologie médicale, pour qui la loi interdit encore la publicité (article L. 6222-8 du code de la santé publique), et les professions sans ordre ni code de déontologie — diététiciens, chiropracteurs, pratiques non conventionnelles — dont la communication relève du code de la consommation.
Puis-je publier les avis de mes patients sur mon site ?
Non, pour les professions dotées d’un code de déontologie : reproduire des avis sur votre site relève du témoignage de tiers, qui reste proscrit. Les avis déposés spontanément par les patients sur une fiche d’établissement sont d’une autre nature — vous ne les publiez pas, vous pouvez y répondre.
Comment répondre à un avis négatif sans violer le secret ?
En ne confirmant jamais que la personne est patiente et en ne mentionnant aucun élément de santé. Une réponse utile reste générale : rappeler le cadre, inviter à prendre contact directement. Une réponse qui entre dans le détail fait plus de dégâts que l’avis lui-même.
Faut-il un site quand le planning est déjà plein ?
Oui, mais pas pour les mêmes raisons. Un planning plein n’est pas un planning bien composé : un site qui décrit clairement les actes pratiqués et les conditions d’accès réduit les rendez-vous inutiles et les demandes hors champ. Il travaille sur la qualité du flux, pas sur son volume.
La prise de rendez-vous en ligne est-elle indispensable ?
Elle règle un vrai problème — les appels pendant les consultations — et en crée un autre : une dépendance à une plateforme qui détient la relation. L’arbitrage se pose comme pour toute intermédiation : gagner du temps immédiatement contre céder l’accès au patient. Il n’a pas de réponse unique, mais il se pose en connaissance de cause.
Les erreurs qui coûtent le plus cher
- Des horaires faux en ligne. Le défaut le plus fréquent, le moins cher à corriger, et celui qui produit le plus d’avis négatifs.
- Croire que la publicité est toujours interdite. Cinq ans après les décrets, c’est encore la croyance la plus répandue — et elle laisse le terrain à ceux qui ont lu les textes. Seule exception : les laboratoires de biologie médicale, où l’article L. 6222-8 l’interdit encore.
- Publier des avis de patients sur son site. Interdit, et le risque est disciplinaire.
- Répondre à un avis en évoquant la consultation. Violation du secret professionnel, publique et durable.
- Créer une page par ville. Des pages jumelles qui ne se positionnent pas et diluent le site.
- Acheter du trafic avant d’avoir une fiche complète. Payer pour envoyer des gens vers une vitrine mal renseignée.
- Confondre visibilité et disponibilité. Être trouvé par des patients qu’on ne peut pas recevoir dégrade la réputation au lieu de la construire.

Par où commencer, concrètement
- Corrigez la fiche d’établissement — horaires, y compris exceptionnels, adresse, téléphone, photographies du lieu réel. Une heure de travail, effet en quelques jours.
- Mettez en place une routine d’avis (hors laboratoires d’analyses, et avec prudence pour les orthophonistes conventionnés) — solliciter au bon moment, répondre à tous, sans jamais évoquer un élément de santé.
- Écrivez vos pages d’actes — ce que vous pratiquez, dans quelles conditions, et surtout ce que vous ne faites pas. C’est ce qui filtre les demandes inutiles.
- Vérifiez la cohérence de vos informations partout où vous existez : annuaires, plateformes de rendez-vous, fiche, site. Un écart empêche le recoupement.
- Ne budgétez de la publicité qu’ensuite, et seulement si le calcul du coût par contact la justifie.
En santé, la confiance se vérifie avant de se déclarer
Le patient qui vous cherche ne compare pas des arguments : il vérifie des faits. Des horaires justes, une adresse exacte, des avis auxquels on a répondu, une description claire de ce que vous faites et de ce que vous ne faites pas. Aucun de ces éléments ne relève de la publicité, et tous relèvent de la communication professionnelle que les textes autorisent depuis le 25 décembre 2020. C’est là que se joue l’essentiel — bien avant le premier euro dépensé.
Nos services pour le secteur santé
- SEO local — pour la fiche d’établissement, avant tout le reste
- Création de site — pour les pages d’actes, qui filtrent plutôt qu’elles n’attirent
- Marketing de contenu — pour une information patient conforme à la déontologie
- Google Ads — la publicité, en dernier et sous condition