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Marketing digital pour orthophonistes : 21 763 libéraux, et une liste d’attente à rendre lisible

Par , consultant en marketing digital ·

21 763 orthophonistes exercent en libéral fin 2024, 42 % de plus qu’en 2010 — et chacun suit en moyenne 75 patients dans l’année, contre 80 en 2016. Les deux séries viennent de l’Assurance Maladie, et leur écart dit que chaque praticien supplémentaire n’élargit pas l’accès autant qu’on le croirait : +14 % d’orthophonistes libéraux depuis 2016, mais environ +7 % de suivis, si l’on multiplie l’effectif par la file active moyenne. Un cabinet d’orthophonie n’a donc pas à chercher de demande. Il a à la rendre lisible — dire qui il peut recevoir, quand, et avec quel document — dans un cadre plus strict que celui des médecins : la convention qui le lie à l’Assurance Maladie lui interdit la publicité.

L’essentiel en cinq questions

Ai-je le droit de communiquer ? D’informer, oui ; de faire de la publicité, non. L’orthophonie n’a ni ordre ni code de déontologie au code de la santé publique : les décrets du 22 décembre 2020 qui ont ouvert la communication des médecins, des chirurgiens-dentistes, des kinésithérapeutes et des pédicures-podologues ne la concernent pas. C’est la convention nationale de 1996 qui fixe la règle : son article 15, dans sa rédaction issue de l’avenant n° 16 (JO du 26 octobre 2017), engage les orthophonistes conventionnés « à s’abstenir de tout moyen direct ou indirect de publicité ».

Combien sommes-nous ? 21 763 orthophonistes libéraux au 31 décembre 2024, contre 15 330 en 2010. 97 % sont des femmes, l’âge moyen est de 42 ans (Assurance Maladie, SNDS, mise à jour du 6 octobre 2025).

Pourquoi plus d’orthophonistes ne suffit-il pas ? Parce que les effectifs libéraux ont crû de 14 % entre 2016 et 2024, pendant que la file active moyenne passait de 80 à 75 patients par praticien et par an : le nombre de suivis n’a progressé que d’environ 7 %. Plus de praticiens, chacun suivant moins de patients différents.

Le patient doit-il avoir une ordonnance ? En cabinet de ville, oui : l’article L. 4341-1 du code de la santé publique pose que l’orthophoniste « pratique son art sur prescription médicale ». Depuis la loi du 19 mai 2023, il peut s’en passer en établissement et en structure d’exercice coordonné.

Par quoi commencer ? Par une fiche Google qui dit si vous prenez de nouveaux patients, et une page qui explique comment fonctionne votre liste d’attente. C’est de l’information, pas de la publicité — et c’est ce qui manque le plus aux familles qui appellent plusieurs cabinets.

21 763 orthophonistes libéraux en 2024, +42 % depuis 2010 — et 75 patients par praticien

6 433 praticiens libéraux de plus en quatorze ans, et une file active moyenne passée de 80 à 75 patients.

La profession croît sans interruption depuis au moins 2010, à l’exception d’une pause en 2021. La densité suit : de 23,6 à 31,7 orthophonistes libéraux pour 100 000 habitants. Mais le nombre de patients différents suivis par chaque praticien, lui, a reculé.

Année Orthophonistes libéraux Pour 100 000 habitants Patients suivis par praticien dans l’année
2010 15 330 23,6 —
2016 19 096 28,6 80
2020 20 425 30,2 71
2024 21 763 31,7 75

Source : Assurance Maladie (Cnam), Professionnels de santé libéraux : effectif et densité et patientèle (file active moyenne), données SNDS, libéraux actifs au 31 décembre ayant perçu au moins un euro d’honoraires, mise à jour du 6 octobre 2025, relevé le 25 septembre 2026.

Ce tableau dit une chose que le praticien sait d’expérience, mais qu’il est rare de voir chiffrée : l’offre augmente plus vite que le nombre de personnes qu’elle absorbe. Entre 2016 et 2024, les effectifs gagnent 14 % ; la file active par praticien perd cinq patients. Multipliés l’un par l’autre, ces deux chiffres donnent environ 1,53 million de suivis en 2016 et 1,63 million en 2024, soit +7 % — un ordre de grandeur, puisqu’un même patient peut être suivi par deux praticiens dans l’année. Le creux de 2020, à 71, coïncide avec la crise sanitaire, et la remontée depuis reste en deçà du niveau de 2016.

  • Pour la communication, la conséquence est directe : ce n’est pas le volume des demandes qui pose problème, c’est leur tri. Chaque appel qui n’aboutira pas coûte du temps de secrétariat, ou de séance.
  • Pour la lecture des chiffres, une précaution : ces séries ne couvrent que les libéraux. Depuis la bascule du répertoire des orthophonistes vers le RPPS en 2024, la DREES n’a pas publié d’effectif de la profession tous modes d’exercice confondus dans ses diffusions de 2025 et 2026 — son communiqué de juillet 2025 indiquait que des travaux d’expertise étaient en cours sur ces professions. Les chiffres salariés qui circulent sont à lire avec cette réserve.
  • Pour le profil de la profession : 97 % de femmes, un âge moyen de 42 ans, et 10 % seulement de praticiens de 60 ans et plus en 2024. Une profession jeune, installée pour l’essentiel à l’époque où les familles cherchaient déjà en ligne.

Pas d’ordre, pas de code de déontologie : c’est la convention de 1996 qui fixe la règle

Articles R. 4341-1 à R. 4341-21 du code de la santé publique : aucun ne traite de communication.

C’est la première différence avec le reste du secteur, et elle change tout. Contrairement aux professions de santé à ordre, l’orthophonie n’a pas de code de déontologie. Les médecins, les chirurgiens-dentistes, les kinésithérapeutes ou les pédicures-podologues en ont un, inscrit au code de la santé publique ; quatre décrets du 22 décembre 2020, publiés au Journal officiel du 24 décembre, l’ont modifié pour chacun d’eux : le praticien y est désormais « libre de communiquer au public, par tout moyen ». L’orthophonie n’a pas d’ordre, et son chapitre réglementaire ne contient que les actes, la formation, l’enregistrement et deux règles d’exercice :

  • Article R. 4341-19 (décret du 29 juillet 2004) : la profession « ne peut s’exercer dans les locaux ou les dépendances des locaux commerciaux », sauf en établissement sanitaire, social, médico-social ou d’éducation.
  • Article R. 4341-21 (même décret) : seules les personnes remplissant les conditions de diplôme et d’enregistrement peuvent porter le titre d’orthophoniste.

La règle de communication vient donc d’ailleurs : de la convention nationale signée le 31 octobre 1996 avec l’Assurance Maladie, que tout orthophoniste conventionné s’engage à respecter. Son article 15 « Modalités d’exercice », dans sa rédaction issue de l’avenant n° 16 (Journal officiel du 26 octobre 2017) et inchangée dans le texte consolidé actualisé en février 2026, pose trois obligations. Le texte consolidé précise en note que « la publicité s’entend de tout procédé visant par son contenu, sa forme, sa répétition, à attirer la clientèle vers un cabinet ou un établissement de soins déterminé ».

Ce que dit la convention Ce que cela exclut en pratique
« S’abstenir de tout moyen direct ou indirect de publicité » Annonces payantes, places achetées sur un moteur ou un annuaire, campagnes de sollicitation
Ne pas utiliser « comme moyen de publicité auprès du public la prise en charge des soins en orthophonie par les caisses d’assurance maladie » Le remboursement présenté comme argument d’appel
Salariés et employeurs « soumis, en matière de publicité, aux mêmes règles » Un centre ou une structure qui ferait pour le compte de ses orthophonistes ce qu’ils ne peuvent faire eux-mêmes

Ce qui reste permis est l’information. Rien dans ces textes n’interdit de dire où l’on exerce, à quelles heures, quels troubles on prend en charge, dans quelles conditions, et si l’on accepte de nouveaux patients. La frontière passe entre ce qui renseigne une personne qui cherche déjà un orthophoniste, et ce qui cherche à attirer vers un cabinet plutôt qu’un autre. Une fiche Google exacte est du premier côté ; une annonce achetée sur le mot « orthophoniste » est du second.

Le titre, lui, est protégé. Un orthophoniste peut donc écrire sans détour qu’il est diplômé et enregistré : c’est une information vérifiable, pas une comparaison, et elle distingue la profession réglementée des accompagnements qui empruntent ses mots sans en avoir le cadre.

Prescription ou accès direct : l’article L. 4341-1 décide de ce que la page doit demander

Depuis le 21 mai 2023, deux régimes coexistent — et le patient ne sait pas dans lequel vous êtes.

La règle générale n’a pas changé : l’orthophoniste « pratique son art sur prescription médicale », et peut adapter, sauf indication contraire du médecin, une prescription initiale de moins d’un an lors d’un renouvellement. La loi n° 2023-379 du 19 mai 2023 a ouvert une dérogation, reprise à l’article L. 4341-1 du code de la santé publique :

  • Sans prescription, dans les établissements de santé, les établissements et services sociaux et médico-sociaux, et les structures d’exercice coordonné — maisons de santé, centres de santé, équipes de soins primaires, communautés professionnelles territoriales de santé.
  • À une condition : un bilan initial et un compte rendu des soins sont adressés au médecin traitant et au patient, et reportés dans son dossier médical partagé.
  • En urgence et en l’absence de médecin, l’orthophoniste peut accomplir les soins nécessaires hors prescription, dans tous les cas.

Pour la page d’un cabinet, cette distinction est la plus utile de toutes, parce qu’elle répond à la première question d’une famille : « faut-il d’abord voir le médecin ? ». Un cabinet de ville qui ne le précise pas reçoit des appels de parents sans ordonnance, qui devront rappeler. Une maison de santé qui ne dit pas qu’elle reçoit en accès direct laisse ignorer son principal avantage.

La mention à écrire tient en deux lignes, et elle doit figurer au même endroit que le mode d’inscription :

  • En cabinet hors structure coordonnée : « Une prescription médicale est nécessaire pour un premier bilan. »
  • En structure d’exercice coordonné : « Vous pouvez prendre rendez-vous sans ordonnance ; le bilan sera transmis à votre médecin traitant. »

La liste d’attente est la première page du cabinet

75 patients suivis par praticien en 2024 : chaque place qui se libère est attendue.

Dans la plupart des métiers de santé, la communication sert à remplir un agenda. En orthophonie, elle sert à éviter que plusieurs cabinets reçoivent le même appel, que chacun inscrive la même famille sur sa liste, et qu’aucun ne sache qui attend encore. La liste d’attente est l’information que les patients cherchent le plus, et celle que les cabinets publient le moins.

Ce qu’une page ou une fiche peut dire, sans rien promettre :

  • Le statut, daté. « Liste ouverte », « liste fermée jusqu’en janvier », « inscriptions pour les bilans adultes uniquement ». Un statut sans date est pire qu’aucun : il ment dès qu’il a trois mois.
  • La règle d’ordre, pas la liste des exclus. Écrire que les demandes sont traitées par ordre d’arrivée, ou que certaines situations sont examinées en priorité, renseigne. Énumérer des profils que l’on refuse expose, et n’apprend rien d’utile à celui qui lit.
  • Le domaine de prise en charge. Langage oral de l’enfant, langage écrit, cognition mathématique, bégaiement, voix, déglutition, neurologie de l’adulte : l’article L. 4341-1 couvre un champ large, et aucun cabinet ne le couvre en entier. Dire ce que l’on suit évite les inscriptions qu’on devra réorienter.
  • Le document à préparer. Prescription, bilans antérieurs, comptes rendus scolaires ou médicaux : ce qui fera gagner une séance le jour du bilan.
  • Ce que la personne peut faire en attendant. Consulter son médecin traitant, s’adresser à une structure d’exercice coordonné du secteur, se renseigner auprès de l’établissement scolaire. Une réorientation claire vaut mieux qu’une inscription sans suite.

La même logique vaut pour d’autres spécialités où l’accès est long : en ophtalmologie, la demande se perd surtout à la mauvaise porte.

Un point de vigilance sur le formulaire d’inscription : dès qu’il demande le motif de la consultation, il recueille des données de santé. Il faut donc en demander le strict nécessaire — un moyen de contact, l’âge, le domaine concerné — et réserver le reste au premier échange. Un formulaire qui demande le diagnostic, le nom de l’école et le compte rendu du pédiatre avant tout contact collecte ce dont il n’a pas encore besoin.

De 21,0 à 41,5 praticiens pour 100 000 habitants : la même page ne sert pas partout

En métropole, la densité d’orthophonistes libéraux varie presque du simple au double d’une région à l’autre.

Région Orthophonistes libéraux (2024) Pour 100 000 habitants
Mayotte 3 0,9
Guyane 16 5,5
Bourgogne-Franche-Comté 586 21,0
Île-de-France 2 840 22,8
Normandie 855 25,6
Centre-Val de Loire 663 25,7
Grand Est 1 616 29,1
Nouvelle-Aquitaine 1 803 29,1
Martinique 107 30,1
Corse 109 30,3
Guadeloupe 125 32,9
Pays de la Loire 1 369 34,8
Auvergne-Rhône-Alpes 2 967 35,9
Hauts-de-France 2 286 38,3
Bretagne 1 335 38,4
Occitanie 2 447 39,5
Provence-Alpes-Côte d’Azur 2 173 41,5
La Réunion 463 51,7
France entière 21 763 31,7

Source : Assurance Maladie (Cnam), data.ameli.fr, effectif et densité des professionnels de santé libéraux, année 2024, mise à jour du 6 octobre 2025, relevé le 25 septembre 2026.

L’Île-de-France, à 22,8, est la deuxième région de métropole la moins dotée, derrière la Bourgogne-Franche-Comté. Un cabinet parisien et un cabinet varois n’ont pas la même liste d’attente, et leur page ne doit pas dire la même chose.

  • Là où la densité est faible, l’enjeu est de filtrer : domaine de prise en charge, zone desservie, statut de la liste. Chaque précision épargne des appels qu’on ne pourra pas satisfaire.
  • Là où elle est plus élevée, la famille a davantage de choix, et ce qui la décide est ce qui distingue réellement un cabinet d’un autre : le domaine pratiqué, l’accès, les horaires compatibles avec l’école, la possibilité d’un bilan adulte. Rien de cela n’est de la publicité ; tout cela est rarement écrit.

Ce qui marche en cabinet d’orthophonie, et ce qui n’y marche pas

Une règle conventionnelle, « aucun moyen direct ou indirect de publicité », et une demande qui dépasse l’offre : les deux tracent la même ligne.

Ce qui marche

  • Une fiche Google exacte : adresse, accès, horaires, domaines pris en charge, et le statut de la liste d’attente, mis à jour à chaque changement.
  • Une page « prise en charge et inscription » qui dit l’ordonnance ou l’accès direct, les documents à préparer, et la règle d’ordre de la liste.
  • Une réponse type aux demandes écrites — courriel ou formulaire — qui renvoie le délai indicatif, les pièces à préparer et les alternatives. Elle remplace de nombreux appels.
  • Répondre aux avis déposés, en particulier aux parents mécontents d’une attente, sans jamais confirmer qu’un enfant est suivi.
  • Nommer les domaines, pas les promesses. Décrire ce qu’est un bilan de langage écrit, combien de temps il prend, ce que contient le compte rendu : c’est l’information que cherche une famille, et c’est le contraire d’une allégation.

Ce qui ne marche pas, ou n’est pas permis

  • Acheter des annonces. Pour un orthophoniste conventionné, c’est un moyen direct de publicité — et payer pour des appels qu’on ne pourra pas prendre n’a de toute façon aucun sens.
  • Solliciter des avis en masse. Les professions à ordre peuvent organiser une routine de sollicitation ; pour un orthophoniste, relancer systématiquement ses patients pour obtenir des avis ressemble à un moyen indirect de publicité. Mieux vaut répondre que solliciter.
  • Afficher « séances remboursées » comme argument. La convention l’exclut en toutes lettres.
  • Publier régulièrement pour être vu. La demande n’a pas besoin d’être créée ; une présence entretenue pour elle-même coûte du temps de séance.
  • Laisser un statut de liste périmé. « Nous prenons de nouveaux patients » écrit il y a un an produit exactement les appels qu’on voulait éviter.

Nos douze leviers pour un cabinet d’orthophonie

Sur douze leviers, quatre servent directement la liste d’attente, et un est exclu par la convention.

Questions fréquentes des orthophonistes

Ai-je le droit de faire de la publicité en tant qu’orthophoniste ?

Non, si vous êtes conventionné. L’orthophonie n’a pas de code de déontologie au code de la santé publique, et les décrets de 2020 qui ont ouvert la communication des professions à ordre ne vous concernent pas. C’est la convention nationale qui s’applique : son article 15, dans sa rédaction issue de l’avenant n° 16 (JO du 26 octobre 2017), toujours en vigueur dans le texte consolidé de février 2026, vous engage de trois façons :

  • Aucun moyen de publicité, « direct ou indirect » : pas d’annonce achetée, pas de campagne de sollicitation.
  • Pas d’argument de remboursement : la prise en charge par les caisses ne peut pas servir d’appel auprès du public.
  • Les mêmes règles en exercice salarié, pour vous comme pour votre employeur.

L’information, elle, reste libre : adresse, horaires, domaines pris en charge, conditions d’accès, statut de la liste d’attente.

Puis-je annoncer que je ne prends plus de nouveaux patients ?

Oui, et c’est probablement l’information la plus utile que vous puissiez publier. Elle ne cherche pas à attirer, elle évite des démarches inutiles. Pour qu’elle serve, elle doit porter quatre éléments :

  • Une date : « liste fermée depuis le… », ou « réouverture prévue en… ».
  • Un périmètre : fermée à tous, ou ouverte pour certains bilans seulement.
  • Un endroit unique et tenu à jour : la fiche du cabinet et la page d’inscription disent la même chose, le même jour.
  • Une alternative : médecin traitant, structure d’exercice coordonné du secteur.

Puis-je indiquer que les séances sont remboursées ?

La convention interdit d’utiliser « comme moyen de publicité auprès du public » la prise en charge des soins par les caisses. Ce qui est visé est l’argument, pas l’information. La différence tient à la place et au ton :

  • Acceptable : une mention factuelle, dans une page pratique, sur les conditions de prise en charge et les documents à fournir.
  • À proscrire : « séances remboursées » en titre, en accroche de fiche, ou comme premier argument d’une page.
  • Dans le doute : se demander si la phrase répond à une question du patient, ou si elle cherche à le faire venir.

Dois-je indiquer sur ma page s’il faut une ordonnance ?

Oui. La réponse dépend de votre lieu d’exercice, et votre page doit la donner, parce que c’est la première question des familles. L’article L. 4341-1 du code de la santé publique, modifié par la loi du 19 mai 2023, distingue :

  • En cabinet de ville : prescription médicale nécessaire. Vous pouvez adapter une prescription initiale de moins d’un an lors d’un renouvellement.
  • En établissement ou en structure d’exercice coordonné : accès direct possible, avec bilan initial et compte rendu adressés au médecin traitant et au patient, et reportés dans le dossier médical partagé.
  • En urgence, sans médecin disponible : les soins nécessaires peuvent être accomplis sans prescription.

Comment répondre à un avis négatif sur l’attente ?

C’est l’avis le plus fréquent en orthophonie, et souvent le fait d’un parent qui n’a jamais été rappelé. La réponse est publique et durable ; elle doit rester générale. Le secret professionnel s’applique aussi en ligne : ne confirmez jamais qu’un enfant est suivi ou inscrit. Une réponse utile explique le fonctionnement de la liste d’attente sans évoquer la situation de la personne, invite à reprendre contact directement, et renvoie vers la page qui décrit les alternatives. Une réponse qui justifie un délai par le cas d’un autre patient, ou qui corrige publiquement le récit d’une famille, fait plus de tort que l’avis lui-même.

Faut-il ouvrir ses bilans sur une plateforme de rendez-vous ?

Pas sans y réfléchir. Une réservation en ligne ouverte à tous règle les suivis, mais elle contredit une liste d’attente : le premier qui clique passe devant la famille inscrite depuis des mois. Trois repères :

  • Pour les séances de patients déjà suivis, l’agenda en ligne fait gagner du temps aux deux côtés.
  • Pour les premiers bilans, une inscription par formulaire ou par téléphone respecte la règle d’ordre que votre page annonce ; si vous ouvrez des créneaux en ligne, dites-le sur la page, avec leur règle.
  • Aucune option payante de mise en avant : pour un orthophoniste conventionné, la lecture prudente de l’article 15 y voit un moyen direct de publicité — un procédé qui vise à « attirer la clientèle vers un cabinet ».

Dans tous les cas, le statut de la liste doit être le même sur la plateforme, sur la fiche et sur le site.

Un cabinet d’orthophonie ne cherche pas de patients, il leur répond avant qu’ils appellent

Les chiffres de l’Assurance Maladie disent la même chose depuis 2016 : plus d’orthophonistes, moins de patients suivis par chacun, et des familles qui attendent. Dans ce cadre, la convention qui interdit la publicité ne prive le cabinet de rien d’utile. Ce qui lui manque est ailleurs — une fiche qui dit si la liste est ouverte, une page qui précise l’ordonnance ou l’accès direct, un domaine de prise en charge écrit noir sur blanc. Rien de tout cela n’attire ; tout cela oriente, et c’est ce que la profession a le droit, et le besoin, de faire.

Ce qui vaut pour l’ensemble des professions de santé, et ce qui ne vaut pas pour vous, est détaillé dans notre guide du marketing digital en santé. Pour faire relire votre page d’inscription ou le statut de votre liste, parlons de votre cabinet.

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