Marketing digital pour ophtalmologistes et opticiens : 52 jours d’attente, et trois portes d’entrée
Chez l’ophtalmologiste, la moitié des rendez-vous sont obtenus en plus de 52 jours, et un sur dix au-delà de 189 jours — le délai le plus long des neuf professionnels mesurés par l’enquête de la DREES. Dans ce métier, la difficulté n’est pas d’être trouvé : c’est que la demande arrive à la mauvaise porte. Le code de la santé publique permet aujourd’hui à l’orthoptiste de prescrire des lunettes et à l’opticien d’adapter une ordonnance au moment de son renouvellement, mais le patient continue d’appeler, par réflexe, le seul cabinet médical. Communiquer, en ophtalmologie, c’est d’abord orienter.
L’essentiel en cinq questions
Combien de temps attend un patient ? 80 jours en moyenne, 52 jours pour la moitié des demandes, plus de 189 jours pour une sur dix. Ces valeurs viennent de la seule enquête publique sur le sujet, menée en 2016-2017 et publiée par la DREES en octobre 2018.
Qui peut prescrire des lunettes ? Deux professions : « un médecin ou un orthoptiste », selon l’article L. 4362-10 du code de la santé publique. L’opticien délivre, et peut adapter une prescription en cours de validité lors d’un renouvellement, sauf opposition du prescripteur.
Ai-je le droit de communiquer ? L’ophtalmologiste, oui, depuis le 25 décembre 2020 (article R. 4127-19-1). L’opticien aussi, avec une limite précise : aucune publicité hors de son magasin sur sa capacité à mesurer la vue (article D. 4362-19).
Que devient la demande qui échoue ? 17 % des demandes de rendez-vous en ophtalmologie n’aboutissent pas, contre 5 % chez le généraliste. Tous professionnels confondus, une demande non aboutie sur trois se solde par un renoncement pur et simple.
Qui paie les lunettes ? Les complémentaires, pour 68 % des 8,3 milliards d’euros d’optique médicale de 2024 ; les ménages pour 28 % ; la Sécurité sociale et l’État pour 4 %.
52 jours de délai médian, 189 jours pour un rendez-vous sur dix
80 jours d’attente en moyenne chez l’ophtalmologiste, contre 6 chez le généraliste et 28 chez le chirurgien-dentiste.
| Professionnel contacté | Moyenne | Médiane | Troisième quartile | Dernier décile |
|---|---|---|---|---|
| Ophtalmologiste | 80 j | 52 j | 112 j | 189 j |
| Dermatologue | 61 j | 50 j | 92 j | 126 j |
| Cardiologue | 50 j | 37 j | 66 j | 104 j |
| Chirurgien-dentiste | 28 j | 17 j | 37 j | 67 j |
| Médecin généraliste | 6 j | 2 j | 5 j | 11 j |
Source : DREES, La moitié des rendez-vous sont obtenus en 2 jours chez le généraliste, en 52 jours chez l’ophtalmologiste, Études et Résultats n° 1085, octobre 2018, tableau 1. Enquête sur les délais d’attente en matière d’accès aux soins, conduite de juin 2016 à mai 2017 auprès de la cohorte Constances ; 2 089 demandes de rendez-vous en ophtalmologie ; résultats provisoires. Délai entre la prise de contact et le rendez-vous, en jours.
Ce tableau dit moins la longueur de l’attente que son irrégularité. Un quart des demandes aboutissent en 20 jours, un autre quart au-delà de 112 : la borne haute est 5,6 fois la borne basse en ophtalmologie, un rapport parmi les plus forts de l’enquête. Deux facteurs y contribuent, et tous deux se lisent sur une page :
- La géographie. Le délai médian est de 29 jours dans l’unité urbaine de Paris et de 97 jours dans les communes des petits et moyens pôles. Selon l’accessibilité aux soins de la commune de résidence, il passe de 40 à 79 jours.
- Le motif. En ophtalmologie, la plupart des demandes portent sur un contrôle périodique. Les demandes liées à l’apparition ou à l’aggravation de symptômes obtiennent un rendez-vous plus vite — mais la moitié attendent encore plus de 20 jours.
Aucune mesure publique plus récente n’existe : la DREES n’a pas publié de nouvelle édition de cette enquête, et les délais qu’elle décrit précèdent la rédaction actuelle des textes qui ont ouvert la prescription de lunettes à l’orthoptiste. Un cabinet qui affiche son propre délai réel dispose donc d’une information que personne d’autre ne peut donner au patient.
Trois professions réglementées, et une qui ne l’est pas
Le code de la santé publique réserve la prescription de verres correcteurs à deux professions ; il en autorise une troisième à adapter cette prescription ; il ne connaît pas la quatrième.
Les effectifs disent à eux seuls pourquoi la demande doit être répartie : 6 119 ophtalmologistes en activité au 1er janvier 2026, contre 5 760 en 2012 (+6,2 %), quand les orthoptistes et les opticiens-lunetiers ont presque doublé entre 2012 et 2024.
| Profession | Effectif 2012 | Dernier effectif publié | Champ |
|---|---|---|---|
| Ophtalmologistes | 5 760 | 6 119 (2026) | RPPS, médecins actifs au 1er janvier |
| Orthoptistes | 3 430 | 6 410 (2024) | ADELI, actifs occupés de moins de 62 ans au 1er janvier |
| Opticiens-lunetiers | 23 309 | 44 238 (2024) | ADELI, actifs occupés de moins de 62 ans au 1er janvier |
Source : DREES, La démographie des professionnels de santé depuis 2012, fichiers « Médecins RPPS 2012-2026 » (onglet « Effectifs par spécialités ») et « Orthoptistes » et « Opticiens-lunetiers ADELI 2012-2024 », consultés le 25 septembre 2026. Les deux répertoires n’ont ni le même champ ni la même dernière année : les lignes se lisent chacune pour elle-même.
| Profession | Statut | Ce qu’elle peut faire en matière de correction | Texte de communication |
|---|---|---|---|
| Ophtalmologiste | Médecin | Examen médical, prescription ; seul à pouvoir réaliser le bilan visuel dont dépendent certains renouvellements | Articles R. 4127-19 et R. 4127-19-1 |
| Orthoptiste | Auxiliaire médical | Bilan visuel et prescription de verres et de lentilles sans prescription médicale, selon des conditions et des critères d’âge fixés par décret (article L. 4342-1) | Aucun article dédié ; exercice interdit en local commercial (R. 4342-16) |
| Opticien-lunetier | Profession de santé enregistrée | Délivrance sur prescription ; adaptation lors d’un renouvellement, sauf opposition du prescripteur (article L. 4362-10) | Article D. 4362-19 |
| Optométriste | Pas une profession du code | Exerce sous le titre d’opticien-lunetier, avec les droits de celui-ci | Celui de l’opticien |
Sources : Légifrance, articles L. 4342-1 à L. 4342-7 et L. 4362-1 à L. 4362-12 du code de la santé publique, consultés le 25 septembre 2026 ; réponse ministérielle à la question écrite n° 03130, JO Sénat du 17 janvier 2013.
L’optométrie mérite une ligne à part, parce que le mot circule plus que le statut. Un diplôme d’optométrie ne crée pas de profession de santé en France : son titulaire exerce comme opticien-lunetier, et sa communication obéit aux règles de l’opticien. Deux conséquences pratiques :
- Aucune allégation d’examen médical. L’article L. 4362-10 impose à l’opticien d’informer la personne que l’examen de la réfraction pratiqué pour adapter une correction « ne constitue pas un examen médical ». Une page qui présenterait le bilan d’un optométriste comme un substitut à la consultation dirait le contraire de la loi.
- Aucun dénigrement non plus. Le cabinet médical n’a rien à gagner à disqualifier l’opticien ou l’orthoptiste : il dépend d’eux pour absorber les renouvellements qui encombrent son agenda.
Ce partage des rôles change la nature de la demande. Une personne qui veut simplement renouveler ses lunettes n’a pas toujours besoin d’un créneau chez l’ophtalmologiste ; celle dont la vue baisse brutalement, oui. Le texte pose aussi une condition que peu de patients connaissent : l’opticien ne peut adapter et renouveler une prescription initiale établie par un orthoptiste que si un bilan visuel a été réalisé au préalable par un ophtalmologiste. Expliquer ces chemins, c’est libérer des créneaux sans en créer.
Ce que chacun a le droit d’écrire : un article de 2020, un de 2016, et un vide
Trois professions, trois régimes : un article de déontologie médicale en vigueur depuis le 25 décembre 2020, une règle d’exercice de l’opticien depuis le 17 octobre 2016, et aucun texte de communication pour l’orthoptiste.
L’ophtalmologiste : l’article R. 4127-19-1
Créé par le décret n° 2020-1662 du 22 décembre 2020, l’article R. 4127-19-1 pose que le médecin « est libre de communiquer au public, par tout moyen » — en ligne comme ailleurs — des informations de nature à contribuer au libre choix du praticien par le patient. La même règle vaut pour tous les médecins et cabinets médicaux. Cette communication :
- est « loyale et honnête » et n’induit pas le public en erreur ;
- ne fait pas appel à des témoignages de tiers — ce qui exclut de reproduire des avis de patients sur ses propres pages ;
- ne repose pas sur des comparaisons avec d’autres médecins ou établissements ;
- n’incite pas à un recours inutile à des actes de prévention ou de soins ;
- ne porte pas atteinte à la dignité de la profession ;
- tient compte des recommandations émises par le conseil national de l’ordre (III de l’article).
Le même décret a réduit l’article R. 4127-19 à une phrase : « La médecine ne doit pas être pratiquée comme un commerce. » Pour un cabinet qui pratique la chirurgie réfractive, la conséquence est directe : décrire la technique, ses indications et ses contre-indications relève de l’information permise ; promettre un résultat, ou la fin des lunettes, s’accorde mal avec l’exigence d’une communication qui n’induit pas le public en erreur et n’incite pas à un recours inutile aux soins.
L’opticien : l’article D. 4362-19
Créé par le décret n° 2016-1381 du 12 octobre 2016, l’article D. 4362-19 tient en une phrase : « L’opticien-lunetier s’interdit, en dehors de son lieu d’exercice, toute publicité et toute communication destinée au public sur sa capacité à déterminer la réfraction. » L’opticien communique librement sur ses montures, ses verres, ses services et ses horaires ; il ne fait pas de la mesure de la vue un argument d’appel hors du magasin. La lecture prudente range une page en ligne, une fiche Google ou une campagne payante parmi les supports situés hors du lieu d’exercice.
L’orthoptiste : un renvoi, pas encore de règle
L’article L. 4342-7 renvoie les règles professionnelles de l’orthoptiste à un décret en Conseil d’État, et les articles R. 4342-16 à R. 4342-18 ne contiennent aucune disposition sur la communication — seulement l’interdiction d’exercer dans des locaux commerciaux. En l’absence de texte, la prudence est de s’aligner sur la règle du médecin, en particulier lorsque l’orthoptiste exerce au cabinet d’un ophtalmologiste et sous sa responsabilité.
17 % des demandes échouent : l’agenda communique avant le site
17 % des demandes de rendez-vous adressées à un ophtalmologiste n’aboutissent pas, contre 5 % chez le généraliste ; et le délai est jugé « trop long » dans 39 % des cas.
L’enquête de la DREES détaille, tous professionnels confondus, pourquoi une demande échoue et ce que fait ensuite le patient. Les chiffres ne sont pas propres à l’ophtalmologie, mais c’est l’une des spécialités où ils pèsent le plus :
- 22 % des demandes perdues tiennent à un professionnel injoignable ou absent au moment de l’appel ;
- 15 % à l’absence de créneau compatible avec les disponibilités du patient ;
- 14 % à un praticien qui ne prend plus de nouveaux patients ;
- une fois la demande perdue, 56 % des patients contactent un autre professionnel, 32 % renoncent, 3 % se reportent sur les urgences hospitalières.
Plus d’une demande perdue sur trois — injoignable, ou fermé aux nouveaux patients — est un défaut d’information autant que de capacité. Un patient qui apprend au bout de trois appels que le cabinet ne prend plus de nouveaux patients a perdu une semaine ; s’il l’avait lu sur la fiche Google du cabinet, il aurait appelé ailleurs le premier jour. Le cabinet n’a rien perdu dans l’affaire — mais il a reçu trois appels inutiles et, souvent, un avis négatif sur un délai qu’il n’a jamais proposé.

Quatre informations, publiées à l’endroit où le patient les cherche — site, fiche du cabinet, agenda en ligne s’il en existe un —, traitent l’essentiel :
- Les nouveaux patients sont-ils acceptés ? Oui, non, ou seulement sur adressage : la réponse va sur la fiche du lieu, dans l’agenda en ligne et en tête du site, pas au bout d’un message d’attente.
- Que faire en cas de symptôme ? Une vue qui baisse brutalement, un voile, un œil rouge et douloureux ne relèvent pas du même circuit qu’un contrôle : dire comment le cabinet les reçoit, ou vers où il oriente.
- Un renouvellement est-il possible sans consultation ? Rappeler ce que peuvent faire l’orthoptiste et l’opticien, et à quelles conditions — c’est ce qui décharge le plus l’agenda.
- Quel délai attendre ? Un ordre de grandeur honnête, mis à jour, désamorce plus d’appels et d’avis qu’aucun autre message.
Côté magasin : 8,3 Md€, dont 68 % payés par les complémentaires
En 2024, l’optique médicale représente 8,3 milliards d’euros, en hausse de 3,4 % ; la Sécurité sociale et l’État n’en prennent en charge que 4 %.
| Indicateur, optique médicale 2024 | Valeur | Ce que cela dit au magasin |
|---|---|---|
| Consommation totale | 8,3 Md€ (+3,4 %) | Un marché qui croît au rythme du PIB en valeur |
| Part des verres / montures / lentilles | 64 % / 25 % / 10 % | La valeur est dans le verre, le choix se voit sur la monture |
| Financé par les complémentaires | 68 % | Le client arbitre selon son contrat |
| Payé directement par les ménages | 28 % (31 % en 2020) | Le reste à charge baisse, sans disparaître |
| Panier A « 100 % santé » | 6,2 % des verres et montures | Une offre obligatoire à connaître, pas un argument de vente |
| Montures choisies en panier B, à prix libre | 96,8 % de la dépense de montures | La monture reste un choix esthétique |
Source : DREES, Les dépenses de santé en 2024 — Résultats des comptes de la santé, édition 2025, fiche 16 « L’optique médicale », tableaux 1 et 2.
La base de remboursement de la Sécurité sociale est de 15 centimes sur les verres et montures hors panier A. La DREES en tire la conséquence : 88 % de la dépense s’explique par la liberté tarifaire. Pour l’opticien, on peut en déduire que le prix affiché pèse moins que ce que la complémentaire du client prend en charge — lecture de notre part, que la DREES ne formule pas elle-même. Trois usages en découlent :
- Montrer les collections telles qu’elles sont en magasin — photographies réelles, marques distribuées, gammes de prix — parce que presque toute la dépense de montures (96,8 %) se porte sur le panier B, à prix libre : le client y choisit une monture, pas un tarif.
- Expliquer les paniers A et B sans en faire une promotion : ce que chacun comprend, et ce qu’on paie en passant de l’un à l’autre.
- Taire la mesure de la vue en dehors du magasin, en vertu de l’article D. 4362-19 — la dire en magasin, où elle est permise.
La DREES rappelle enfin que la consommation d’optique croît tendanciellement avec le vieillissement de la population, qui augmente la prévalence des troubles visuels. La demande de l’opticien, comme celle de l’ophtalmologiste, n’a pas à être suscitée : elle a à être reçue au bon endroit.
Ce qui marche en ophtalmologie et en optique, et ce qui n’y marche pas
Avec 52 jours de délai médian au cabinet et 68 % de la dépense d’optique prise en charge par les complémentaires, ce qui fonctionne est ce qui oriente ; ce qui cherche du volume produit peu.
Ce qui marche
- Une page « quel professionnel pour quelle demande » : contrôle, renouvellement, symptôme, enfant, lentilles — et qui les reçoit.
- Une fiche Google qui dit la vérité sur l’acceptation des nouveaux patients, les horaires du secrétariat et les délais.
- Des pages d’actes pour les actes techniques — chirurgie de la cataracte, chirurgie réfractive, suivi du glaucome — rédigées comme de l’information scientifiquement étayée, au sens du II de l’article R. 4127-19-1.
- Pour le magasin, la vitrine en ligne : montures réelles, services d’entretien, prise en charge par les complémentaires expliquée.
- Un travail en réseau entre cabinet, orthoptiste et opticiens voisins, où chacun renvoie vers les autres sur ce qui ne relève pas de lui.
Ce qui ne marche pas
- Acheter de la visibilité pour un agenda complet à six mois : chaque demande supplémentaire devient une demande perdue de plus, et souvent un avis négatif.
- Publier des avis de patients sur ses pages : témoignage de tiers, exclu par l’article R. 4127-19-1.
- Annoncer un « examen de vue gratuit » hors du magasin : c’est précisément la communication que vise l’article D. 4362-19.
- Promettre un résultat de chirurgie réfractive : difficile à concilier avec une communication loyale, qui n’incite pas à un recours inutile aux soins.
- Laisser le standard seul face à la demande : 22 % des prises de rendez-vous manquées tiennent, tous professionnels confondus, à un cabinet injoignable.
Nos douze leviers pour un cabinet d’ophtalmologie ou un magasin d’optique
Quand 17 % des demandes échouent déjà, chaque levier se juge à ce qu’il fait des demandes existantes avant ce qu’il en ajoute.
Fiche d’établissement exacte, nouveaux patients acceptés ou non, horaires du secrétariat : la première porte.
E-réputation
Répondre aux avis qui portent sur le délai sans jamais confirmer qu’une personne est patiente.
Marketing de contenu
L’information « scientifiquement étayée » qu’autorise le II de l’article R. 4127-19-1 : cataracte, glaucome, lentilles.
SEO
Des pages par motif — symptôme, renouvellement, acte technique — qui répondent avant l’appel.
Optimisation des conversions
Moins de demandes perdues : 22 % des prises de rendez-vous manquées tiennent à un professionnel injoignable.
Création de site
Un site qui dit qui reçoit quoi, et dans quel délai, avant de chercher à convaincre.
Analytics
Mesurer d’où viennent les demandes, et combien arrivent à la mauvaise porte.
Email marketing
Rappels de contrôle et de renouvellement, dans le cadre applicable aux données de santé.
Automation
Liste d’attente et relance des créneaux libérés, si le logiciel métier ne le fait pas déjà.
Réseaux sociaux
Utiles à l’opticien pour montrer des montures ; marginaux pour un cabinet médical complet.
Google Ads
Pour une ouverture de magasin ou de cabinet ; sans objet quand l’agenda est plein à six mois.
Refonte de site
Seulement si le site actuel empêche d’ajouter une page d’orientation ou d’afficher un délai à jour.
Questions fréquentes des ophtalmologistes et des opticiens
Peut-on communiquer sur la chirurgie réfractive ?
Oui, comme sur tout acte que le cabinet pratique : ce sont ses « compétences et pratiques professionnelles », que l’article R. 4127-19-1 laisse libre de communiquer, et le II du même article prévoit l’information « scientifiquement étayée » sur la discipline. C’est aussi l’acte où la tentation de promettre est la plus forte. Une page conforme :
- Décrit la technique, ses indications et ses contre-indications, sans présenter comme acquis ce qui ne l’est pas.
- Ne promet ni résultat ni « fin des lunettes » : la communication doit être loyale et n’induire personne en erreur.
- N’incite pas à consulter sans indication — le texte exclut l’incitation « à un recours inutile à des actes de prévention ou de soins ».
- Ne reproduit aucun témoignage de patient, ni avant-après commenté, et ne compare pas le cabinet à un autre centre.
- N’affiche pas de prix d’appel : l’article R. 4127-19 maintient que la médecine ne se pratique pas comme un commerce.
Un opticien peut-il annoncer qu’il fait des examens de vue ?
Dans son magasin, oui ; en dehors, non. L’article D. 4362-19, en vigueur depuis le 17 octobre 2016, interdit à l’opticien-lunetier toute publicité et toute communication destinée au public sur sa capacité à déterminer la réfraction, en dehors de son lieu d’exercice. En pratique :
- En magasin, où l’examen se fait dans un local isolé qui garantit la confidentialité (article D. 4362-18), l’information est permise.
- En ligne, par affichage ou en campagne payante, la lecture prudente est de ne pas en faire un argument.
- Dans tous les cas, l’opticien informe le client que cet examen « ne constitue pas un examen médical » (article L. 4362-10).
Faut-il afficher son délai de rendez-vous ?
Oui, si on le tient à jour. La seule mesure publique date de l’enquête 2016-2017 de la DREES ; votre délai réel est donc une information que personne d’autre ne peut donner au patient. Pour qu’elle serve :
- Distinguer les délais par motif — contrôle, renouvellement, symptôme — plutôt qu’un chiffre unique qui décourage à tort la personne dont la vue baisse brutalement.
- Dater l’information, et la mettre à jour au même rythme que l’agenda.
- Dire ce qui raccourcit le chemin : l’orthoptiste ou l’opticien pour un renouvellement, quand le texte le permet.
- Rester un ordre de grandeur, jamais un délai garanti : une promesse non tenue induit le public en erreur.
Comment répondre à un avis qui se plaint du délai ?
C’est l’avis le plus fréquent dans ce métier, et le plus facile à mal traiter : en ophtalmologie, le délai est jugé « trop long » dans 39 % des cas selon la DREES. Une réponse utile suit trois règles :
- Ne jamais confirmer que la personne est patiente, ni évoquer un motif de consultation : le secret s’applique aussi en ligne.
- Répondre sur l’organisation, pas sur le cas : comment le cabinet traite les demandes urgentes, où trouver l’information sur les délais.
- Renvoyer vers un contact direct plutôt que de prolonger l’échange en public.
Peut-on orienter les patients vers l’orthoptiste ou l’opticien depuis son site ?
Oui, et c’est souvent la page la plus utile d’un cabinet. Décrire qui peut faire quoi relève de l’information sur les conditions d’exercice, que l’article R. 4127-19-1 autorise. Le code de la santé publique fournit le contenu. L’orthoptiste peut réaliser un bilan visuel et prescrire des verres et des lentilles sans prescription médicale, dans les conditions et selon les critères d’âge fixés par décret (article L. 4342-1). L’opticien peut adapter une prescription de verres en cours de validité lors d’un renouvellement, sauf opposition du médecin ou de l’orthoptiste (article L. 4362-10). Nommer des confrères précis relève d’un choix d’organisation ; les comparer entre eux, en revanche, sortirait du cadre.
Un optométriste peut-il se présenter comme tel ?
Le diplôme d’optométrie existe, la profession non : le code de la santé publique ne compte pas l’optométriste parmi les professions de santé, et son titulaire exerce comme opticien-lunetier. Ce qui en découle :
- Mentionner le diplôme relève de l’information sur le parcours et reste possible.
- Le présenter comme un titre de profession de santé, ou comme l’équivalent d’une consultation, induirait le public en erreur.
- Les règles de communication applicables sont celles de l’opticien, y compris l’article D. 4362-19 sur la réfraction.
En ophtalmologie, bien communiquer raccourcit la file
Le cabinet d’ophtalmologie ne manque pas de patients ; ce sont les patients qui se perdent en route : une demande sur six n’aboutit pas, et beaucoup de celles qui aboutissent auraient pu être reçues ailleurs. L’orthoptiste et l’opticien ont désormais les moyens juridiques d’en absorber une part. Ce qui manque le plus souvent est la phrase qui dit au patient où aller — et c’est exactement ce que les textes autorisent à écrire.
Le cadre commun à toutes les professions de santé, des avis à la fiche du cabinet, est détaillé dans notre guide du marketing digital en santé. Pour une page d’orientation, un délai affiché à jour ou la vitrine d’un magasin d’optique, parlons de votre cabinet ou de votre magasin.