
Les formations en langues représentent 11 % des entrées en formation au titre du compte personnel de formation en 2025 — de l’ordre de 135 000 entrées — et le segment recule de 6 % sur un an. Pour une école de langues, la difficulté n’est pas la taille de ce marché mais sa forme : le cours se donne très largement à distance, l’acheteur compare donc des organismes de tout le pays, et il compare des promesses presque interchangeables — un niveau, un volume d’heures, un test. Ce qu’il cherche réellement est pourtant mesuré. Les adultes français obtiennent 555 points en compréhension écrite et 456 en expression orale à l’indice EF EPI 2025. Ces 99 points d’écart sont à la fois le besoin du marché et l’argument que presque aucun site n’écrit.
L’essentiel en cinq questions
Le CPF finance-t-il encore les langues ? Oui, et à un niveau qui reste important : 11 % des entrées en 2025, soit le troisième domaine derrière le transport et l’orientation. Mais la pente est nette — 17,1 % des entrées en 2020, 11,1 % en 2023 — et le segment perd encore 6 % en 2025.
Mon marché est-il encore local ? Beaucoup moins qu’il ne l’était. Un cours de conversation en visioconférence se donne aussi bien depuis Lille que depuis Pau : la proximité n’est plus un argument, elle n’est même plus un critère de tri pour l’acheteur.
Quel est le besoin réel des apprenants français ? Parler. La France est 38e sur 123 pays à l’indice EF EPI 2025, avec un score de 539, mais son écart entre lecture (555) et expression orale (456) est de 99 points. Le déficit est à l’oral, pas à la compréhension.
Pourquoi la certification commande-t-elle tout ? Parce que le financement suit la certification, et que celle-ci impose un calendrier de session, un niveau visé et un résultat opposable. Une page qui ne dit ni quel test, ni quel niveau, ni quand, laisse l’acheteur sans la seule information qui conditionne son dossier.
Combien d’écoles de langues en France ? Personne ne le sait, et ce n’est pas une lacune de recherche : la nomenclature d’activité ne les isole pas. Les chiffres qui circulent sont des estimations d’éditeurs, sans méthode publiée.
11 % des entrées CPF en 2025, contre 17,1 % en 2020
La part des langues dans les entrées CPF a perdu six points en cinq ans, sur un marché qui a lui-même perdu plus du tiers de son volume. Les deux mouvements se cumulent : une part qui se réduit d’un marché qui se contracte.
| Part des formations en langues dans les entrées CPF | Part | Niveau relatif |
|---|---|---|
| 2020 | 17,1 % | |
| 2022 | 13,5 % | |
| 2023 | 11,1 % | |
| 2025 | 11 %, soit −6 % de volume sur un an |
Sources : pour 2020 à 2023, INSEE, « Formations et emploi », fiche « Compte personnel de formation », édition 2025 (données SI-CPF, extraction mars 2024, traitement DARES), consultée le 14/09/2026. Pour 2025, DARES, « Le compte personnel de formation en 2025 », Dares Résultats n° 30, juillet 2026, qui dénombre 1 226 000 entrées tous domaines confondus, en baisse de 11 %. Les 135 000 entrées citées plus haut sont l’ordre de grandeur obtenu en appliquant la part de 11 % à ce total : ce n’est pas un chiffre publié comme tel.
Trois lectures en sortent :
- La chute de part est antérieure au retournement du marché. Entre 2020 et 2023, les langues perdent six points de part alors que le CPF était encore en croissance. Le segment a donc été dépassé par d’autres, pas seulement emporté par la baisse générale.
- Le recul de 2025 est plus doux que celui du marché. −6 % pour les langues contre −11 % pour l’ensemble : le segment résiste mieux que la moyenne, ce qui n’est pas le cas du transport, premier domaine, en recul de 21 %.
- Ce qui reste est un socle, pas une vague. Environ 135 000 entrées par an, sans le dopage des années 2021-2022, correspond à une demande installée — et à un nombre de concurrents dimensionné, lui, pour l’ancien volume.
Un chiffre manque à ce tableau, et il manque à tout le monde : aucun dénombrement public ne dit combien d’organismes enseignent les langues en France. La nomenclature d’activité les sépare selon leur public — la sous-classe 85.59B couvre « les cours de langues et de compétences conversationnelles, hors formation professionnelle continue », le reste se fond dans la formation continue d’adultes avec tous les autres domaines. Les valeurs qui circulent viennent d’éditeurs de logiciels ou d’annuaires, sans méthode publiée, et se contredisent.
Lire 555, parler 456 : l’écart de 99 points est votre argument
Les adultes français testés par EF obtiennent 555 points en compréhension écrite et 456 en expression orale : 99 points d’écart, l’un des plus marqués d’Europe occidentale.
L’indice EF EPI 2025 place la France 38e sur 123 pays et territoires, avec un score global de 539. Il est bâti sur 2,2 millions d’adultes ayant passé le test EF SET en 2024. Une précision que l’on doit à l’honnêteté : ces personnes se testent d’elles-mêmes en ligne, l’échantillon n’est pas représentatif de la population française, et EF est un acteur du marché qu’il mesure. La hiérarchie interne des compétences, elle, reste solide : sur le même échantillon, avec le même test, l’oral décroche.
Ce décrochage est exactement ce que vit l’acheteur. Il a suivi sept ans d’anglais scolaire, il lit sans difficulté un courriel professionnel, et il se tait en réunion. Il ne cherche donc pas un niveau : il cherche à cesser d’être empêché. Or les pages d’écoles de langues promettent presque toutes la même chose, et pas celle-là :
- Ce que les sites vendent : un nombre d’heures, un niveau du cadre européen, une méthode propriétaire, une plateforme, un test à la fin.
- Ce que l’acheteur veut : tenir une réunion, passer un entretien, ne plus laisser un collègue répondre à sa place, animer une visioconférence avec un client étranger.
- Ce qui traduit l’un dans l’autre : une page par situation professionnelle — la réunion, l’appel client, la présentation, la négociation — plutôt qu’une page par niveau A2, B1, B2.
Le déplacement est le même que celui qu’opèrent les pages « devenir X » ailleurs dans la formation, mais il est plus facile ici : la situation professionnelle est un motif de recherche évident, et elle est presque vacante.
Le distanciel a supprimé votre zone de chalandise
30 % des formations financées par le CPF se déroulent exclusivement à distance, contre 42 % en présentiel — et un cours de conversation est l’une des rares prestations de formation qui ne perd rien à se donner par écran.
Un cours de conversation par visioconférence ne connaît pas de distance. L’acheteur qui compare ne retient donc plus l’organisme le plus proche : il retient celui qu’il trouve, et il en trouve quarante. Trois conséquences pratiques, dans l’ordre où elles se présentent :
- La comparaison est frontale et instantanée. Quatre onglets ouverts, quatre promesses voisines, un seul critère facilement comparable : le prix. Une page sans élément différenciant se fait arbitrer par le tarif, qui est le terrain le plus défavorable.
- La preuve remplace la proximité. Ce que la présence physique établissait — on peut passer, on connaît quelqu’un qui y est allé — doit être reconstitué en ligne : profils réels des formateurs, extraits de séance, progression mesurée, avis datés.
- Il reste un présentiel, et il est plus rentable. Les cours en entreprise, l’immersion, les groupes constitués et les préparations d’examen surveillées se donnent sur place. Sur ce périmètre, la proximité redevient un avantage réel — à condition d’être trouvable sur les recherches qui associent la langue et la ville.
Le partage est net : pour l’offre à distance, la concurrence est nationale et l’écrit du site fait la vente ; pour l’offre sur site, elle reste locale et ce sont les entreprises du bassin qu’il faut atteindre. Beaucoup d’organismes traitent les deux sur les mêmes pages, et se rendent illisibles pour l’un comme pour l’autre.
La certification n’est pas la fin du parcours, c’est la condition du financement
Pour une école de langues, le financement par le compte personnel de formation passe par une certification enregistrée au répertoire spécifique : le test n’est pas un supplément pédagogique, c’est la porte d’entrée du dossier.
Cette contrainte administrative a une traduction commerciale que peu de sites tirent. Le candidat qui arrive sur une page de cours d’anglais a besoin, pour décider, de quatre informations que l’organisme connaît et n’écrit pas :
- Quelle certification est visée, nommément, et ce qu’elle évalue — un test qui mesure la compréhension écrite et orale ne prouve pas la capacité à parler, ce qui est pourtant la demande.
- Quel niveau de départ est requis, et comment il se vérifie avant l’inscription plutôt qu’à la première séance.
- Quand se tiennent les sessions d’examen, car elles commandent la date de fin du parcours et non l’inverse.
- Quels résultats obtiennent les apprenants sortants : taux de présentation à l’examen, taux de réussite, gain de niveau moyen, avec leur période de mesure.
Le quatrième point est le plus négligé et le moins coûteux : ces indicateurs sont déjà collectés au titre des obligations de qualité de l’organisme, et le plus souvent enfouis dans un document téléchargeable en pied de page. Remontés en haut d’une page de parcours, datés et bornés, ils font ce qu’aucun texte promotionnel ne fait — ils transforment une promesse en fait vérifiable, sur un marché où toutes les promesses se ressemblent.
Un dernier effet, moins évident : un candidat qui découvre le niveau requis et la date d’examen avant de candidater ne candidate que s’il peut suivre. Les candidatures baissent en volume et montent en qualité, ce qui réduit mécaniquement le coût par inscrit.
Les trois marchés qui ne dépendent d’aucun décret
Le CPF pèse 11 % des entrées pour ce métier, mais la totalité du risque réglementaire : les trois marchés ci-dessous ne bougent pas quand une règle d’éligibilité change.
L’entreprise, qui achète un parcours et redoute l’abandon. Ici, celui qui décide n’est pas celui qui apprend : un service des ressources humaines inscrit des salariés qui n’ont rien demandé, sur des parcours longs, étalés sur des mois, entre deux réunions. Le problème du client n’est donc pas d’acheter des heures, c’est que les heures soient suivies. Un organisme qui documente son taux d’assiduité, sa gestion des séances annulées et sa façon de tenir un groupe sur six mois répond à la seule objection qui compte — et personne ne la traite, parce qu’elle est inconfortable.
Les particuliers qui paient eux-mêmes, sur un calendrier étranger au vôtre. Préparation à un test exigé pour une candidature universitaire à l’étranger, expatriation, mutation : ces demandes sont solvables, peu sensibles au prix et parfaitement saisonnières, parce qu’elles sont calées sur des dates de dépôt de dossier. Une école qui publie ses contenus trois mois avant ces échéances arrive au bon moment ; celle qui les publie en même temps arrive après.
Le français langue étrangère, qui obéit à d’autres règles. Deux publics distincts : les salariés internationaux d’entreprises françaises, qui s’achètent comme un cours en entreprise, et la formation linguistique des primo-arrivants, attribuée par appels d’offres publics. Ce second marché ne se gagne pas en ligne — mais le site sert d’argumentaire de référence, et les organismes qui y candidatent sans site à jour partent avec un handicap sur des critères de capacité qui, eux, se vérifient d’un clic.
Nos services pour une école de langues
Douze leviers, et l’ordre dépend de votre part de distanciel : plus elle est haute, plus le site fait la vente seul.
SEO
Exister sur les situations professionnelles — la réunion, l’entretien, l’appel client — là où vos concurrents n’ont que des niveaux.
SEO local
Pour la part qui se donne sur site : cours en entreprise, immersion, groupes constitués, examens surveillés.
Google Ads
Utile sur les échéances datées — tests exigés par un dossier d’admission — et coûteux partout ailleurs.
Réseaux sociaux
Montrer une séance, un formateur, une correction : c’est la preuve que le distanciel a rendue nécessaire.
Site internet
Un parcours par situation et par public, avec test de niveau, tarif et dates de session accessibles sans formulaire.
Refonte de site
Quand le site mélange particuliers, entreprises et FLE sur les mêmes pages et ne parle clairement à aucun.
Content marketing
Le levier central du métier : des contenus qui traitent l’usage de la langue au travail, pas la grammaire.
Email marketing
Rythmer un cycle long : test de niveau, dates d’examen, reprise des anciens apprenants au niveau suivant.
E-réputation
Sur un achat comparé à distance, les avis datés remplacent le bouche-à-oreille de quartier que vous n’avez plus.
CRO
Le test de niveau en ligne est la meilleure conversion du métier, et presque toujours enterré sous un formulaire.
Analytics
Suivre la part du chiffre d’affaires par financeur : c’est l’indicateur qui signale le risque avant qu’il ne tombe.
Automation
Relances de positionnement, rappels de session, suivi d’assiduité : le travail répétitif d’un parcours long.
Questions fréquentes des écoles de langues
Le CPF reste-t-il un canal viable pour une école de langues ?
Oui, mais comme un canal parmi d’autres, et non comme le canal. Trois éléments le disent :
- Le volume est réel : 11 % des entrées en 2025, de l’ordre de 135 000 parcours par an, ce qui reste l’un des premiers domaines du dispositif.
- La tendance est moins mauvaise que la moyenne : −6 % pour les langues contre −11 % pour l’ensemble des entrées.
- Le risque est entier : la règle d’éligibilité et le reste à charge se décident ailleurs, et un organisme dont le chiffre d’affaires en dépend majoritairement subit ces décisions sans recours.
La conduite raisonnable est d’y rester tout en construisant l’entreprise et le paiement direct, qui demandent six à douze mois pour produire.
Faut-il une page par langue et par niveau ?
Par langue, oui ; par niveau, rarement. Le partage utile est le suivant :
- Une page par langue enseignée, parce que la demande s’exprime langue par langue et qu’une page générique n’est convaincante pour aucune.
- Une page par situation professionnelle dans la langue principale : la réunion, l’entretien d’embauche, l’appel client, la présentation.
- Pas de page par niveau du cadre européen : personne ne cherche « cours B1 ». Le niveau est un résultat de votre test, pas un motif de recherche.
Les langues moins enseignées méritent d’ailleurs autant d’attention que l’anglais : moins de demande, mais beaucoup moins de concurrents, et un acheteur souvent plus pressé.
Nos cours sont à distance : une présence locale sert-elle encore ?
Oui, pour trois raisons qui n’ont rien à voir avec la vente en ligne :
- Les entreprises du bassin continuent de chercher un intervenant qui peut se déplacer, et c’est le marché le plus stable du métier.
- Les examens surveillés et l’immersion se tiennent dans un lieu, qui doit être trouvable et identifié.
- La fiche d’établissement est un signal de réalité : sur un marché où l’acheteur ne peut rien vérifier physiquement, une adresse, des horaires et des avis récents valent preuve d’existence.
Une école entièrement à distance a donc intérêt à maintenir une présence locale cohérente, même si aucune vente n’en vient directement.
Faut-il afficher le prix d’un parcours en langues ?
Oui, et le calcul est mécanique. Le tarif caché produit trois effets, tous coûteux :
- Il attire des candidatures qui n’aboutiront pas, et chaque dossier traité consomme du temps commercial sans contrepartie.
- Il déplace la découverte du prix au troisième échange, moment où le candidat se désiste le plus.
- Il signale l’ancien monde — celui où le prix ne concernait pas l’apprenant parce qu’un tiers payait tout.
Depuis l’instauration d’une participation obligatoire de l’apprenant, fixée à 102,23 € au 1er janvier 2025, le prix est redevenu un sujet pour celui qui apprend. L’afficher fait baisser le volume de candidatures et monter le taux d’entrée effective.
Comment prouver la progression, et pas seulement l’assiduité ?
En publiant ce que vous mesurez déjà, avec sa période et son périmètre :
- Le gain de niveau moyen entre le test d’entrée et le test de sortie, sur une cohorte datée.
- Le taux de présentation à l’examen, qui dit la tenue du parcours autant que la réussite.
- Le taux de réussite à la certification visée, et le niveau réellement obtenu.
- Le taux d’assiduité sur les parcours en entreprise, seul chiffre qui parle au service qui paie.
Un organisme qui affiche ces quatre valeurs se place hors de la comparaison par le prix, parce qu’il est le seul de la page de résultats à donner un fait là où les autres donnent une méthode.
Comment vendre à une entreprise sans équipe commerciale ?
En écrivant pour le problème du service qui achète, pas pour le catalogue. Un responsable de formation ne cherche pas « cours d’anglais » : il cherche comment faire progresser six personnes dont trois voyagent, comment justifier la dépense, et comment éviter que le groupe se vide en novembre. Des contenus qui traitent ces trois questions atteignent un lecteur que rien d’autre n’atteint, et ils travaillent pendant des mois. Le reste se joue au premier rendez-vous, que le site a préparé — cycle long, décision partagée, aucune urgence : c’est exactement l’inverse du CPF, et c’est pour cela que les deux ne se vendent pas avec les mêmes pages.
Ce qui distingue une école quand la distance a tout égalisé
99 points séparent la lecture de l’expression orale chez les adultes français testés par EF : c’est là que se trouve la demande, et c’est là que les sites se taisent.
Le métier a perdu ce qui le protégeait — une zone de chalandise, un financement abondant, une comparaison difficile. Il lui reste ce que personne ne peut copier : des formateurs identifiables, des résultats mesurés et publiés, et des contenus qui parlent de la langue telle qu’elle se travaille, pas telle qu’elle s’enseigne. Ces trois actifs sont déjà chez vous, et ils ne figurent pas encore sur vos pages.
Pour situer ce métier dans son secteur, voir le marketing digital des organismes de formation, CFA et écoles, ou l’ensemble des secteurs d’activité.
Parlons de votre recrutement d’apprenants — un échange pour situer votre part de distanciel, vos financeurs et les pages qui vous manquent.
